L. 8.  >
À Claude II Belin,
le 2 janvier 1632

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Monsieur, [a][1]

Esse salutatum te vult mea littera primum ; [1] et puis vous dirai que j’ai reçu votre dernière avec contentement, non pas pour les louanges que m’y attribuez, lesquelles je n’ai jamais méritées, mais parce que, par icelles, je reconnais votre bonne disposition et la continuation de votre bonne volonté envers moi. Je vous remercie du cas et de l’estime que faites de mon livret, lequel est tout à fait indigne de vous. [2][2] Je l’ai fait à la hâte et parmi d’autres occupations, mais Dieu aidant, je le polirai et grossirai ; attendant quoi, je lui pourrai dire quod ille apud Poetam : [3]

Nunc te marmoreum pro tempore fecimus : at tu
Si fætura gregem suppleverit, aureus esto
[3]

Croissant d’âge et d’expérience, je tâcherai de prendre quelques heures de loisir pour l’enrichir, afin qu’il puisse mériter le bon accueil que lui font les amis de son auteur. Quant au Sennertus, [4] il n’est pas tout à fait bon dans ses Institutions[4] mais il est un des meilleurs de ceux qui en ont bien écrit, à mon jugement. On imprime ici sa Pratique en trois volumes, lesquels reliés feront deux justes tomes de la grandeur de vos Institutions ; je vous donnerai avis quand ils seront achevés. [5] Il est ici arrivé de Lyon deux livres de récente impression, savoir Sanctorii medici Veneti et Patavini Commentarii in artem parvam Galeni[5] et l’autre, eiusdem aucthoris, Methodi vitandorum errorum, qui in facienda medicina contingunt libri xv. Ex laudatissimo aucthore opus utrumque laudabile censeo, in cuius nimirum lectione alias profecerim ; [6][6] les ayant eus par ci-devant à moi, d’impression de Venise in‑fo, laquelle était fort chère. Adhuc est in vivis auctor plusquam septuagenarius[7] Je vous prie de me recommander à M. Dacier [7] et lui protester qu’il m’obligera fort de me donner ou prêter quelques thèses anciennes, [8] s’il en a, lui faisant offre de telle récompense qu’il lui plaira. J’ai eu votre catalogue, [8] j’en aurai soin. Je vous enverrai au premier voyage un Médecin charitable des derniers et plus amples, tel qu’on l’achève, [9] avec la copie de la thèse de M. Du Chemin, [10] de votre apothicaire. Nous aurons le Septalius [11] in problemata Aristotelis dans peu de temps. [9] M. Seguin [12] a reçu ses livres, je le sais bien ; mais il n’a pas eu l’esprit de me donner charge de vous en remercier, ce que je fais pour lui. Je répondrai pleinement à votre catalogue au premier voyage, tant à cause des leçons [13] de chirurgie que je fais tous les jours céans à mes écoliers, que pour les opérations et l’anatomie [14] que j’ai faite depuis peu, et nos visites d’ordinaire. [10][15] Pendant ce temps, je vous prie de me tenir toujours en vos bonnes grâces et croire que je suis, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur.

Patin.

Ce 2d de janvier 1632.

Nous avons ici depuis peu perdu un de nos compagnons nommé M. Girardet, [11][16] fort honnête homme, âgé d’environ 35 ans, qui est mort d’une hydropisie [17][18] de poumon. [12]


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 janvier 1632

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(Consulté le 25.08.2019)