À Claude II Belin, le 2 janvier 1632
Note [12]

Hydropisie : « enflure des membres du corps causée par une eau qui se coule entre cuir et chair, lorsque le foie ne fait plus ses fonctions. L’hydropisie est mortelle aux vieillards ; les jeunes gens en guérissent. Il y a aussi une hydropisie causée par les vents [gaz abdominaux]. Elle occupe quelquefois toute l’habitude du corps, et quelquefois une seule partie, particulièrement le ventre inférieur, et cette capacité qui est entre le péritoine et les intestins [la cavité péritonéale]. Elle a divers noms suivant les différentes parties qu’elle afflige. Ainsi dans les bourses, elle s’appelle hydrocèle, en la gorge bronchocèle, en la poitrine pleurocèle, etc. L’hydropisie des vents s’appelle par Hippocrate, hydropisie sèche [v. note [3] de la Consultation 18], quoiqu’elle ne soit pas sans mélange d’humeurs. Elle est nommée par les Grecs tympanites, parce qu’en frappant le ventre, il sonne comme un tambourin nommé en grec tympanon. Toute hydropisie est engendrée d’un grand refroidissement de foie, soit par son propre vice, soit par la communication des autres parties, qui sont cause que la sanguification [formation du sang, v. note [1], lettre 404] est dépravée. On guérit quelquefois l’hydropisie par la paracentèse, qui est une piqûre qu’on fait à côté du nombril avec la lancette » (Furetière).

L’hydropique est le malade atteint d’hydropisie. En termes modernes, l’hydropisie est une rétention d’eau dans une ou plusieurs parties du corps : membres inférieurs (œdème), enveloppes des poumons (plèvre) avec épanchements pleuraux (hydropisie du poumon ou pleurocèle), cavité péritonéale avec ascite (hydropisie des vents). Quand la rétention est généralisée, on parle d’anasarque (hydropisie confirmée). En dehors des affections locales (inflammation, notamment tuberculeuse), la cause majeure de l’hydropisie est l’insuffisance des fonctions assurées par le cœur, les reins, ou le foie. L’hydropisie demeure un symptôme très fréquent, mais n’est plus une maladie en soi.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 2 janvier 1632. Note 12

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(Consulté le 23.10.2019)

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