L. 278.  >
À Charles Spon,
le 22 décembre 1651

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Monsieur, [a][1]

Comme voici la fin de l’année qui approche, je vous supplie de me permettre que je vous souhaite bon jour et bon an, à vous et à toute votre famille, comme aussi à nos bons amis MM. Gras, Garnier et Falconet. M. le duc d’Orléans [2] dit hier que le Mazarin [3] ne rentrerait point en France et qu’il y avait donné bon ordre ; [1] et a mandé à M. le Prince [4] qu’il fît sa paix au plus tôt avec la reine, [5] qu’autrement il se déclarerait contre lui, et que jamais le Mazarin ne reviendrait. Messieurs du Parlement ont voulu régler le désordre qui est aux monnaies, mais ils n’ont osé : il leur faut une déclaration du roi [6] qui ait pouvoir par tout le royaume, au lieu que leur arrêt n’aurait pouvoir que dans le ressort de leur Parlement. [2] Ils ont donné un nouvel arrêt contre le retour du Mazarin, contre lequel Messieurs les Gens du roi donnèrent de rudes conclusions, et même M. le maréchal de L’Hospital, [7] gouverneur de Paris, qui est fort à la reine, parla aussi rudement contre ce coyon de Mazarin. Je ne sais s’il reviendra, mais au moins il ne doit point revenir, il me semble que tout le monde est contre lui, præter Iunonem, quæ miniatum illum Iovem tam misere deperit, maximo totius Galliæ malo et incommodo[3][8][9] Je viens d’une consultation [10][11] chez un maître des requêtes, d’avec M. Riolan [12] qui m’a dit que dès que son procès qu’il a sera jugé (c’est pour son fils [13] qui s’est marié fort mal à propos), il mettra sur la presse un in‑8o de 50 feuilles, lequel contiendra plusieurs traités ; [4] mais il a bien peur que sondit procès ne soit jugé que vers la Chandeleur, on n’expédie plus rien au Palais à cause des assemblées trop fréquentes qui s’y font pour les affaires des princes et du Mazarin. Il y a une telle affluence de monde chez notre premier président [14] et garde des sceaux que vous diriez que c’est la cour du roi, combien qu’il ne soit point ici ; s’il y était, il n’y en aurait guère davantage au Palais-Royal [15] ni chez la reine. Enfin, il faut que je cesse, faute de matière et non pas d’affection. Je vous prie de m’aimer toujours et de croire que je serai toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce vendredi 22e de décembre 1651.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 22 décembre 1651

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(Consulté le 19.10.2019)