L. latine 159.  >
À Thomas Bartholin,
le 9 mars 1661

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[Ms BIU Santé 2007, fo 100 ro | LAT | IMG]

Au très distingué M. Thomas Bartholin, professeur royal de médecine à Copenhague.

Très distingué Monsieur, [a][1]

Hier, j’ai rencontré un de vos compatriotes, le noble M. Petrus Schoumaker, avec qui j’ai très plaisamment conversé à votre sujet. Je suis fort heureux que vous vous souveniez de moi et que vous m’ayez préparé un paquet de vos livres, que j’attendrai patiemment. Il m’a montré une liste de vos autres œuvres, je voudrais que vous les joigniez au reste. Il y a ici peu de nouvelles, hormis la mort de Mazarin : [2] les médicastres auliques, parfaits ignares en l’art très salutaire et entièrement enfouis dans leurs secrets chimiques, [3] comme ils s’en gaussent eux-mêmes, l’ont honteusement tué et l’ont abandonné à Pluton avec leurs grains narcotiques d’opium et leur vin stibial parfaitement vénéneux. [4][5][6][7] Ces vauriens professent des secrets, eux qui ne possèdent pas le premier, principal et presque unique secret de notre art, à savoir la véritable et légitime méthode de bien remédier, qui est secretum secretorum secretissimum, sed paucis notum[1] Nous avons ici un savant collègue qui s’est attelé à l’édition de deux livres : le premier traitera de Pleuritide et sera l’équivalent d’une Methodus medendi generalis ; le second traitera de Vomitu, stibiique veneno. Vous les aurez facilement tous deux après qu’ils auront été publiés. [2][8][9][10] En attendant, si vous m’indiquez pourtant quelqu’un de sûr à qui je puisse le remettre, je vous enverrai un paquet rempli de ce qui se trouve ici, savoir les opuscules et thèses de notre École, avec un arrêt du Parlement que nous avons obtenu voilà un an contre l’arrogante, et en quelque sorte présomptueuse, race d’hommes que forment les barbiers et les chirurgiens portant robes à longues manches. [3][11][12][13][14] Enfin donc, Mazarin est mort, lui qui était suspendu par-dessus les têtes de l’Europe tout entière, armé d’une puissance excessive, à savoir de la faveur et de l’autorité de notre roi très-chrétien, et qui propter nos homines nostramque salutem descendit ad inferos ; [4][15] c’est-à-dire que grâce au vin énétique et au poison chimique, il s’en est allé là unde negant redire quemquam[5][16] Je salue tous vos très chers, très agréables et très savants frères, tout particulièrement Erasmus. [17] Portez-vous bien, très admirable Monsieur, et continuez de m’aimer comme vous faites.

De Paris, le 9e de mars 1661.

Votre Guy Patin de tout cœur.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Thomas Bartholin, le 9 mars 1661

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(Consulté le 19.10.2019)