L. latine 297.  >
À Bernhard Verzascha,
le 30 mai 1664

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[Ms BIU Santé 2007, fo 170 ro | LAT | IMG]

Au très distingué Bernhard Verzascha, docteur en médecine à Bâle.

Très distingué Monsieur, [a][1]

J’ai reçu vos gravures anatomiques et vous adresse d’aussi amples remerciements qu’il m’est possible, pour votre gentillesse et votre générosité ; Dieu fasse que je puisse un jour vous rendre la pareille J’excuse aisément et volontiers la dureté des mots que votre Bauhin a utilisés dans sa Préface[2] contre notre très distingué M. Riolan, [3] car c’est qu’avant cela, Riolan avait provoqué Caspar Bauhin en l’incitant au combat, [4] et c’est pour le venger que son fils les a écrits. [1][5][6] Je suis néanmoins affligé qu’entre de savants hommes, pour des affaires de si modeste importance, s’allument des querelles et des disputes qui traînent après elles tant d’affronts et d’injures, parfaitement indignes de personnes chrétiennes. Je n’ai jamais vu ces Epistolæ ad Bartholinum [7] et le très distingué Riolan ne m’a jamais parlé de ces écrits médisants, [2] lui qui fut un excellent homme ; la postérité, qui n’est pas ingrate, priera toujours bien pour ses mânes bienveillants. Je vous loue aussi, très distingué Monsieur, d’avoir très souvent honoré son renom, son autorité et sa science dans votre livre ; [3] et c’est pourquoi je vous exhorte, vous prie même à genoux et supplie de continuer dans vos travaux à louer heureusement et sans entrave un si grand héros, et à bien mériter ainsi de tous les honnêtes gens. J’ai toujours fait grand cas de votre Université de Bâle, [8] entre toutes les autres, tant à cause des savants hommes qu’elle a produits jusqu’ici qu’à cause de ces thèses érudites qu’on dispute en vos Écoles et qui se distribuent dans le monde entier pour le bénéfice de l’imprimerie. J’en ai sept décades réunies par Genath ; [4][9][10] d’autres ne les ont-elles pas suivies qui seraient aujourd’hui en vente chez vous ? Qu’elles soient en grand ou petit nombre, souffrez, très distingué Monsieur, que je vous demande de mes les acheter, tant de physique que de médecine, tout comme les discours qu’on a pu prononcer en vos Écoles. Je serais aussi preneur de tous les écrits de ce genre qui seraient en vente chez vous, venant des autres universités d’Allemagne, à l’exception pourtant de Strasbourg, où j’ai un ami fidèle et compréhensif, qui m’a déjà envoyé tout ce qui se pouvait avoir des Sebizius, [11][12] ainsi que des autres professeurs et savants hommes qui habitent en cette ville. Je tiendrai avec reconnaissance le compte de toutes les dépenses que vous aurez faites pour cela et en rembourserai volontiers le prix à qui vous voudrez : par l’intermédiaire de M. Glaser, pharmacien de Paris, si vous désirez ; [13] ou par celui de notre ami M. Spon, [14] docteur en médecine à Lyon sur la Saône ; ou sinon, on vous portera la somme à domicile, avec tous les remerciements que je vous devrai, et aussi promesse et offre de toute sorte de services. Du tout, vous pourrez faire un paquet, que vous serrerez avec une solide corde, et l’enverrez à Lyon à M. Charles Spon qui en paiera le prix du transport puis me le fera parvenir. Nous n’avons ici rien de nouveau qui soit digne de vous, mis à part le livre de Jacques Houllier, médecin de Paris, de Morbis internis[15] avec ses propres notes, les énarrations et annotations de Louis Duret, [16] et les exercitations d’Antoine Valet, [17] à quoi on a ajouté, dans cette nouvelle édition, les commentaires et observations du très distingué Jean Haultin, docteur en médecine de Paris ; [18] additions qui augmentent le livre de moitié et le bonifient. [5] Si vous souhaitez l’avoir, je vous l’enverrai sans peine, pourvu que vous m’indiquiez une voie sûre ou un porteur idoine. Si vous avez besoin de quelque autre service venant de notre ville, faites-le-moi connaître, ou plutôt commandez et ordonnez-le-moi. Mais en attendant, très distingué Monsieur, vivez et portez-vous bien, et aimez-moi.

De Paris, ce vendredi 30e de mai 1664.

Vôtre de tout cœur, Guy Patin, docteur en médecine et professeur royal.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Bernhard Verzascha, le 30 mai 1664

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(Consulté le 12.12.2019)