L. latine 359.  >
À Simon I Paulli,
le 2 juillet 1665

Codes couleur
Citer cette lettre
Imprimer cette lettre
Imprimer cette lettre avec ses notes

 

[Ms BIU Santé no 2007, fo 192 vo | LAT | IMG]

Au très distingué M. Simon i Paulli, archiatre du roi de Danemark [1] et prélat d’Aarhus. [1][2]

Très distingué Monsieur, [a][3]

J’ai depuis longtemps souhaité vous envoyer des lettres qui, velut per animi mei interpretes[2][4] vous témoigneraient et diraient à quel point j’estime, le plus légitimement du monde et suivant un penchant qui m’est naturel, les hommes qui vous égalent par leur mérite et leur singulière érudition. Parmi les héros des belles-lettres, vous tenez de longue date le premier rang, ce que je sais parfaitement depuis de nombreuses années, tant par les ouvrages que vous avez mis au jour, dignes d’une gloire immortelle, que par l’affection que vous a portée, et m’a jadis très souvent relatée et affirmée mon prédécesseur, l’éminent Jean Riolan, qui mourut ici le 19e de février 1657, [5] étant le doyen d’âge de la Faculté de médecine de Paris ; [6] j’occupais alors déjà sa place < au Collège royal > depuis trois années entières. [3][7] La rencontre de votre très chéri et très savant fils [8] m’y a aussi procuré une singulière joie : [9] je ne puis vous louer et prouver assez justement ses excellentes dispositions, ses grandes connaissances et la douceur de ses mœurs. Il a ici entrepris, avec mon aide et sur votre conseil, d’écrire un livre sur quelque médicament. [4] J’ai ici répondu à votre vœu en peu de mots, j’espère qu’ils vous feront plaisir et recevront votre approbation ; à tout le moins, je souhaite vivement que vous les considériez avec bienveillance. Si vous avez besoin de quelque chose venant de cette ville et même de n’importe où en France, je m’y dévouerai entièrement pour vous, et vous promets toute sorte de services, pourvu que vous me fassiez connaître ce que vous désirez. Je pourrai alors dire avec reconnaissance comme fit jadis ce < Romain > [10] dans Tacite : [11] Dii tibi principatum dedere, nobis obsequii gloria relicta est[5] Je conclus sur le vœu que nous vous conservions longtemps envie et bonne santé, pour le plus grand profit et la plus haute gloire de la république des lettres. Vive et vale, très distingué Monsieur, et aimez-moi.

De Paris, ex als. nostro[6][12] le 24e de juin 1665.

Entièrement vôtre.

On ne trouve plus à vendre le Catalogus Plantarum Canadensium de Jacques Cornuti, médecin de Paris qui mourut ici en 1651 ; [13] mais l’Hortus regius Parisiensis[14] récemment édité par Denis Joncquet, [15] en tiendra lieu ; il sera mis en vente dans quelques jours et contiendra quatre milliers de plantes. [7] Vale, très distingué Monsieur.

De Paris, le 2e de juillet 1665.

Vôtre de tout cœur, G.P.


Écrire à l'éditeur
Licence Creative Commons "Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron" est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale 4.0 International.
Une réalisation
de la BIU Santé
×
     [1] [2]   Appel de note
    [a] [b]   Sources de la lettre
    [1] [2]   Entrée d'index
    Gouverneur   Entrée de glossaire

× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Simon I Paulli, le 2 juillet 1665

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1392

(Consulté le 16.06.2021)