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Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre X  >

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De l’évacuation des excréments du ventre,
de l’urine et de la sueur
 [a][1][2]

Des trois coctions générales, celle qui se fait au ventricule, qui est la première, que nous appelons la chylose, [1][3][4] laisse après soi une plus grande quantité d’excréments, lesquels incommodent notre santé si, par un bon ordre de nature, ou par artifice, ils ne descendent et ne sortent tous les jours dehors. C’est pourquoi il faut tous les jours au matin, s’il y a moyen, se présenter à la selle pour inviter la nature à faire son devoir, où se doit garder une médiocrité, comme en toute autre chose. Car si le ventre se lâche trop, le corps s’en débilite et affaiblit beaucoup ; outre que le cours de ventre peut devenir flux de sang et cause d’étranges symptômes ; [5][6][7] et au contraire, si le ventre est dur, ces excréments, venant à se sécher et pourrir davantage, envoient de malignes vapeurs au cerveau, d’où se font des migraines, [8] et autres douleurs de tête fort importunes ; pour à quoi remédier, faut recourir au jus de pruneaux, [9] aux bouillons laxatifs, au petit-lait, [10] suppositoires, [11] clystères [12] et semblables autres remèdes. [2][13]

L’évacuation de l’urine, qui est l’excrément de la seconde coction, qui se fait au foie, [3][14] est pareillement nécessaire à cause des périlleux accidents qui surviennent quand elle est arrêtée, comme léthargie, [15] apoplexie, [16] paralysie, etc. ; outre les extrêmes douleurs que sentent ceux à qui elle est supprimée. [17] Il est néanmoins bien difficile d’en enseigner les remèdes en général, vu que chaque cause de la suppression requiert son remède particulier ; à cause de quoi j’avise ceux qui en seront incommodés d’en consulter sitôt un sage médecin qui en reconnaisse la vraie cause et leur ordonne les remèdes requis à leur guérison.

La sueur [18][19] qui est l’excrément de la troisième coction, n’est pas tant importante, vu qu’elle se fait de peu de matière, qui se résout presque insensiblement et sans aucune incommodité ; vu aussi que quelques-uns tiennent, avec bien de l’apparence de raison, que les personnes bien saines ne suent jamais, cet excrément séreux se digérant et s’évaporant aisément par la force de la chaleur naturelle. [4]

Il est bon tous les matins de se moucher et peigner, pour décharger la tête de ses ordures et délivrer le cerveau qui demeurerait accablé sous iceux ; de cracher pareillement pour la décharge du poumon. [5][20][21] Des hémorroïdes, [22] je n’en dirai rien ici, étant une affaire importante et de trop longue haleine pour ce lieu. [6]

Il y a d’autres évacuations, comme la saignée, [23] la purgation[24] le vomissement, le flux de sang par le nez, et desquelles je ne parlerai point ici, étant hors de mon dessein et du régime de vivre, pour lesquelles il faut avoir l’avis particulier du médecin.

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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits. Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre X

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(Consulté le 02.04.2020)