À Charles Spon, le 23 juillet 1649
Note [11]

Consiliorum medicinalium liber iii… de Guillaume Baillou, édités par Jacques Thévart (v. note [47], lettre 152), dont Guy Patin avait composé l’index. Dans l’Annotatio [Commentaire] finale du Consilium cvi, De Intemperie omnium viscerum calida ad elephantiasim accedente [Conseil 106, Intempérie chaude de tous les viscères évoluant vers l’éléphantiasis] (pages 263‑265), à propos d’un passage sur le zythum, nom latin de la bière ou vin d’orge de Péluse (ville maritime de la Basse-Égypte), que Baillou condamnait comme le produit d’une fermentation malsaine, Thévart cite six vers d’Eobanus Hessus :

Qui docuit crasso Cererem confundere succo,
Hinc iratus erat Bacchus et ipsa Ceres.
Nam Pelusiaci qui laudat pocula Zythi
Illi nec cerebrum nec caput esse puto
Renibus, et nervis cerebroque hic noxius humor
Sæpe etiam lepræ semina fœda iacit.

[Bacchus, tout comme Cérès elle-même, {a} s’était emporté contre celui qui a appris à brasser le blé en un suc grossier ; car qui vante les coupes de bière n’a, je pense, ni tête ni cervelle. Ce breuvage est nuisible pour les reins, et pour les nerfs et le cerveau ; souvent même, il répand les graines ignominieuses de la lèpre].


  1. Déesse de l’agriculture chez les Romains, pour qui Bacchus était le dieu de la vigne (v. note [23], lettre 260).

En feuilletant ce livre et sans entrée d’index sur l’antimoine, je n’ai pas trouvé dans quel commentaire des 123 conseils de l’ouvrage il en est question.

Helius Eobanus Hessus (Bockendorf, Hesse 1488-1540) composait déjà des vers avant d’être sorti de l’Université d’Erfurt. Ayant entrepris d’étudier le droit à Leipzig, il dévora le peu d’argent qu’il possédait, vendit ses livres et revint à Erfurt donner des leçons. Bientôt après, il fut chargé par l’évêque, son protecteur, de diriger l’École de Saint-Sévère et obtint ensuite la chaire d’éloquence à l’Université ; mais les troubles de la Réforme ayant fait fermer cette institution, Eobanus se fit médecin pour vivre, abandonna ensuite ce nouvel état pour diriger une école à Nuremberg (1526), essaya inutilement de reconstituer l’Université d’Erfurt et passa à celle de Marbourg, où il mourut dans l’intimité du landgrave Philippe. Il a laissé plusieurs recueils de poèmes et de lettres, et des traductions en vers latins (G.D.U. xixe s.).

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 23 juillet 1649. Note 11

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0190&cln=11

(Consulté le 10.08.2020)

Licence Creative Commons