De Claude II Belin, le 18 février 1657
Note [11]

Abraham Ortelius (Ortell ou Ortels, Anvers 1527-ibid. 1598), géographe et cartographe flamand, a laissé pour chef-d’œuvre le Theatrum Orbis terrarum (1570), traduit en français par Jean de Bussières : Amphithéâtre de l’Univers, contenant les cartes de tout le Monde, avec une brève déclaration d’icelles, par Abraham Ortelius (Anvers, Plantin, 1598, in‑fo). Claude ii Belin était allé puiser ses prétentions dans l’Abrahami Ortelii Atverpiani Synonymia geographica sive Populorum, Regionum, Insularum, Urbium, Opidorum, Montium, Promontoriorum, Silvarum, Pontium, Marium, Sinuum, Lacuum, Paludum, Fluviorum, Fontium, etc. variæ, pro Auctorum traditionibus, sæculorum intervallis, Gentiumque idiomatis & migrationibus, appellationes et nomina. Opus non tantum Geographis, sed etiam Historiæ et poëseos studiosis utile ac necessarium [Synonymie géographique d’Abraham Ortelius, d’Anvers, ou les diverses appellations et dénominations des peuples, régions, îles, villes, places fortes, montagnes, promontoires, forêts, ponts, mers, golfes, lacs, marais, fleuves, sources, etc. suivant les traditions des auteurs, les périodes, les langues et les migrations des populations. Ouvrage utile et nécessaire non seulement pour les géographes, mais aussi pour ceux qui étudient l’Histoire et les ouvrages de poésie] (Anvers, Christophe Plantin, 1578, in‑4o).

À l’entrée Londinium (page 193) :

Lundonia a Sigiberto, et eius temporis male Latinis scriptoribus dicitur. Londinium Augustam postea nuncupatam scribit Ammianus lib. 17. Inde Augustam Trinobantum, admodum proprie, in suis ad me litteris vocat Daniel Rogerius. Cantiorum civitatem facit Ptolemæus, sed librariorum incuria, ut Lhuydus putant et Lelandus ; qui eam Trinoantum, velut Tacitus, Trinovantum urbem esse volunt. Indigenis Britannis, ut Lhuydus tradit, Troyenewyth (id est Nova Troia) quondam nuncupata fuit, et postea Dinas Beli (id est Palatium Belini). Tandem Caerlud, et Lhundain, sive ut Anglosaxones pronunciant, Londen, nomen obtinuit. Exteri Londra et Londres dicunt.

[Sigibertus et les écrivains de mauvais latin de son époque l’ont appelée Lundonia. Ammien, {a} livre 17, a écrit qu’on l’a ensuite dénommée Londinium Augustam. De là et tout à fait à propos, Daniel Rogerius l’appelle Augustam Trinobantum {b} dans les lettres qu’il m’écrit. Ptolémée en a fait la cité des gens du Kent, {c} mais par l’incurie des libraires, comme pensent Lhuydus; {d} et Lelandus ; {e} eux veulent, comme Tacite, que cette Trinoantum soit la ville des Trinobantes. Pour les natifs de Grande-Bretagne, comme le confie Lhuydus, elle a jadis été nommée Troyenewyth (c’est-à-dire la Nouvelle Troie), et ensuite Dinas Beli (c’est-à-dire le Palais de Belin). Enfin elle a acquis le nom de Caerlud et Lhundain, ou Londen, comme prononcent les Anglo-saxons. Les étrangers disent Londra et Londres].


  1. Ammien Marcellin, historien latin du ive s. (v. note [51] du Faux Patiniana II‑2).

  2. Des Trinobantes, peuple occupant l’est de l’Angleterre.

  3. Cantium.

  4. Humphrey Llwyd, géographe Gallois du xvie s.

  5. John Leyland, historien anglais du xvie s.

Le nom de Nova Troia faisait allusion à Brutus de Troie, descendant mythique d’Énée (v. note [14], lettre d’Adolf Vorst, datée du 4 septembre 1661) qui aurait donné leur nom aux îles britanniques ; et celui de Dinas Beli, de Belinus, roi légendaire des Bretons au ve-ive s. av. J.‑C.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Claude II Belin, le 18 février 1657. Note 11

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(Consulté le 27.10.2021)

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