À Hugues de Salins, le 14 juillet 1656
Note [12]

« Cette correction a été excellente et les hommes de bien l’ont approuvée, du moins ceux qui se placent hors de la haine des partis : voyez de Thou, historien très illustre et remarquable, à l’année 1582 ».

Un chapitre entier de l’Histoire universelle de Jacques-Auguste de Thou (livre lxxvi, Henri iii, 1582, Thou b, tome viii, pages 652-660) est consacré à la Réforme du calendrier par Grégoire xiii ; v. note [9], lettre 12, pour l’Histoire de Scipion Dupleix.

Le calendrier julien (d’ancien style) était le calendrier romain réformé par Jules César en 45 av. J.‑C., année dite de la confusion qui, par sa durée de 444 jours, permit de faire passer l’année des Romains de 355 jours (avec des intercalations tous les deux ans pour rattraper le retard pris) à 365 jours un quart. Au fil des siècles, un décalage s’était établi entre ce calendrier et le cycle solaire. Dans les pays catholiques, fut institué en 1582, sous l’autorité du pape Grégoire xiii (v. note [2], lettre 430), le calendrier grégorien (nouveau style), qui fixait la durée de l’année à 365 jours, avec une année bissextile (un jour supplémentaire, le 29 février, au lieu du redoublement du 24 février) non seulement tous les 4 ans, mais aussi tous les 400 ans (années 1600, 2000, 2400). En outre les dates des quatre saisons étaient fixées conformément aux conditions qui prévalaient l’année du concile de Nicée (325). Le décalage du calendrier à rattraper était d’environ 10 jours : à Rome, le jeudi 4 octobre 1582 fut immédiatement suivi du vendredi 15 octobre ; à Paris, la transition se fit du dimanche 9 décembre au lundi 20 décembre 1582. La réforme grégorienne ne fut adoptée en Grande-Bretagne qu’en 1752, et bien plus tard encore ailleurs : 1918 en Russie, 1923 en Grèce. Guy Patin s’y trompait en disant que le 20 juillet des protestants (ancien style) correspond au 10 des catholiques (nouveau style) ; c’est exactement l’inverse, il faut ajouter et non retrancher 10 jours à l’ancienne date (julienne ou protestante) pour obtenir la nouvelle (grégorienne ou catholique). Ce décalage est une source d’erreurs dans certains ouvrages d’histoire : on y confond, par exemple, le 30 janvier (à Londres) avec le 9 février (à Paris) pour l’exécution de Charles ier d’Angleterre en 1649.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues de Salins, le 14 juillet 1656. Note 12

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(Consulté le 16.12.2019)

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