À Claude II Belin, le 12 janvier 1632
Note [15]

Remplacement de parentis par patris dans un vers de Scévole de Sainte-Marthe (v. note [9], lettre 48) tiré d’un poème intitulé Ad Iosephum Scaligerum, Iul. Cæsaris F. [À Joseph Scaliger, fils de Jules-César] (Lyricorum, livre ii) :

Non sæva totum te feret Atropos :
Dicere vatis carminibus tui,
Docti parentis docta proles
Innumeros celebris per annos
.

[La cruelle Atropos {a} ne t’emportera pas tout entier : chanter les vers que tu as composés, docte postérité d’un docte père, te rendra célèbre pour d’innombrables années].


  1. V. note [31], lettre 216.

Nicolas Le Pois (Piso en latin, Nancy 1527-ibid. 1590), médecin en 1578 du duc Charles de Lorraine, a publié De cognoscendis et curandis præcipue internis humani corporis morbis libri tres, ex clarissimorum medicorum, tum veterum, tum recentiorum, monumentis, non ita pridem collecti [Trois livres sur les maladies, principalement internes, du corps humain qu’il faut connaître et soigner, rassemblés pour la première fois à partir des écrits des médecins les plus brillants, tant anciens que modernes] (Francfort, 1578, in‑fo ; ibid. 1585, in‑8o).

Son fils, Charles Le Pois (Nancy 1563-Pont-à-Mousson 1633), avait d’abord étudié à Paris au Collège de Navarre pendant cinq ans. Ayant pris le grade de maître ès arts en 1581, il avait suivi pendant quatre ans les cours de la Faculté de médecine. Après un séjour studieux de deux ans à Padoue, il avait repris ses études parisiennes en 1588 sous Louis Duret, Simon i Piètre et Michel i Marescot (v. note [14], lettre 98). Reçu bachelier sur-le-champ, il avait été admis à la licence en 1590, mais n’avait pas pris le bonnet de docteur, faute d’avoir l’argent nécessaire pour faire la dépense de cette cérémonie. Il était donc revenu à Nancy où le duc Charles iii lui conféra le titre de médecin-consultant, place qu’il avait conservée auprès d’Henri ii, le fondateur de l’Université de Pont-à-Mousson. Le Pois, qui en fut nommé doyen et premier professeur, s’était empressé d’aller se faire recevoir à Paris, où le bonnet doctoral lui avait été conféré en 1598, puis il consacra le reste de sa vie au développement de sa Faculté lorraine. Il mourut du typhus qui ravageait Nancy, au secours de laquelle il voulut se porter malgré son âge avancé. Charles Le Pois a laissé plusieurs livres, dont celui que citait ici Guy Patin : Selectiorum observationum et consiliorum de præteritis hactenus morbis, effectibusque præter naturam ab aqua, seu serosa colluvie et diluvie, ortis, liber singularis [Livre unique d’observations et de conseils choisis sur les maladies négligées jusqu’à ce jour, et sur les effets contre nature engendrés par l’eau, ou par les eaux d’égout et de débordement] (Pont-à-Mousson, 1618, in‑4o pour la première de nombreuses éditions) ; Bernhard Langwedel en a extrait quelques observations choisies qu’il a publiées sous le titre de Piso enucleatus… [Le Pois épluché…] (Amsterdam, Elsevier, 1639, in‑12o) (O in Panckoucke) ; mais je n’ai pas su identifier le livre que Le Pois s’apprêtait alors à publier (ce que la mort put l’empêcher de faire).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 12 janvier 1632. Note 15

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0009&cln=15

(Consulté le 19.10.2019)

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