À Claude II Belin, le 7 décembre 1632
Note [15]

Armand Jean du Plessis, cardinal-duc de Richelieu (Paris 1585-ibid. 4 décembre 1642), principal ministre d’État, était alors au faîte de sa puissance. D’abord voué à la carrière militaire, il était devenu en 1606 évêque de Luçon, en succession de son frère aîné, Alphonse-Louis, qui s’était fait chartreux. Député du Clergé aux états généraux de 1614, il s’était fait remarquer par Marie de Médicis, dont il gagna la faveur.

Nommé aumônier de la jeune reine, Anne d’Auriche (v. note [8], lettre 38), conseiller d’État et secrétaire des commandements de la reine mère, il était entré au Conseil comme secrétaire d’État en 1616. En 1617 (assassinat de Concini), il avait suivi Marie de Médicis dans son premier exil, à Blois ; en 1619, il était parvenu à obtenir une difficile réconciliation de Louis xiii avec sa mère, ce qui lui avait valu le chapeau de cardinal, reçu en 1622 des mains du roi. De nouveau et définitivement admis au Conseil en 1624, dont il était très rapidement devenu le chef, Richelieu avait mené avec succès la guerre visant à réduire le pouvoir protestant en France, venant à bout du parti huguenot par le traité d’Alais (ou Alès), signé le 28 juin 1629. Le 21 novembre de la même année, il était nommé principal ministre.

Marie de Médicis prit alors ombrage de l’ascendant irrésistible que son ancien protégé avait pris sur le roi. Elle avait tissé un réseau d’intrigues pour obtenir sa destitution, mais l’habile cardinal avait déjoué tous les pièges et par un incroyable retournement de situation (Journée des Dupes, 11 novembre 1630, v. note [10], lettre 391), obtenu de Louis xiii la disgrâce de la reine mère, qui avait dû s’exiler définitivement à Bruxelles (18 juillet 1631).

Dans ses lettres, Guy Patin s’est montré déférent et respectueux à l’égard de Richelieu jusqu’à sa mort ; il a ensuite parlé de lui comme d’un tyran sanguinaire, lui reprochant tout spécialement l’exécution de François-Auguste de Thou, le 12 septembre 1642 à Lyon.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 7 décembre 1632. Note 15

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(Consulté le 10.07.2020)

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