L. 13.  >
À Claude II Belin,
le 7 décembre 1632

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Monsieur, [a][1]

Je vous demande bien humblement pardon si je ne vous ai fait réponse à vos deux dernières plus tôt que je n’ai fait ; de quoi j’espère que m’excuserez aisément, vu que j’en ai commis le crime nec negligentia aliqua, nec contemptu, sed dulcedine cessationis et fiducia amoris[1][2] quantité d’affaires m’ayant diverti aux champs et à la ville tout l’automne passé ; joint qu’outre le désir que j’avais de vous confirmer le service que je vous ai voué, je n’avais rien à vous mander qui fût digne de vous interrompre de vos bonnes affaires. Je vous remercie de l’avis que m’avez donné de la conférence de Suresnes, [2][3] je l’ai maintenant : M. Du Laurens, [4] conseiller à la Cour et neveu de l’anatomiste[3][5][6][7][8][9] me l’a donné. J’ai céans toute l’Histoire de M. de Thou, [10][11] en quatre volumes en latin, in‑fo ; mais je vous assure que telle conférence ne s’y lit que fort brièvement décrite et [assez] dissemblable à l’autre. [4] Les Opuscules de Ranchin [12] en blanc ne valent au plus que 35 sols[5] Monsieur votre frère [13] m’a fait l’honneur de me venir voir, qui m’a rendu la vôtre et m’a réellement témoigné qu’il est habile homme pour les diverses choses desquelles avons traité le peu de temps qu’avons été ensemble. Je n’ai pu encore l’aller visiter en son logis, ne me l’ayant pas voulu enseigner. [6] Je vous remercie de l’avis que vous m’avez donné de celui qui a écrit contre M. Moreau, [14] j’en conférerai avec lui et vous en écrirai par ci-après plus amplement. [7] Nous avons un nouveau doyen nommé M. Boujonnier, [15] fort honnête homme et de notre bon pays de Picardie, lequel fera bientôt imprimer le catalogue des docteurs vivants de notre École, [16] que je ne manquerai de vous envoyer tout à l’heure, et autre chose aussi s’il se présente. Les trois tomes de la Pratique de Sennertus [17] se vendent ; on travaille à achever trois autres pièces de lui, savoir de febribus, de consensu chimycorum[8] et le quatrième de sa Pratique, qui est de morbis mulierum et infantium[9] tout nouveau apporté d’Allemagne, dédié à la reine de Suède. [10][18] J’ai vu ici un petit libraire de Troyes [19] avec Cottard, [20] qui m’a fait reproche que le Sanctorius in Gal. [11][21] ne valait que 40 sols, vu que dans Lyon il lui coûtait davantage. Je m’offris de lui faire bailler tout ce qu’il y en avait à Paris à 35 sols pièce, et me moquai de lui. Lucriones istos improbos probe novi[12] Cottard et lui valent autant l’un que l’autre, il s’en faut défier quand on s’en approche. Le roi [22] est à Versailles. [13][23][24][25] La reine [26][27] n’est pas encore arrivée de Languedoc. M. le Cardinal [28][29] y est malade d’un abcès, [14][30] ce dit-on, au fondement. [15][31] Monsieur, [16][32][33][34] frère du roi, est à Bruxelles. [17][35][36] Pour tout livre nouveau, il n’y a que la Vie de Henri iv[37] in‑fo, par Dupleix. [18][38] Je vous baise les mains et suis, Monsieur, votre très humble et affectionné serviteur.

Patin.

Ce 7e de décembre 1632.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 7 décembre 1632

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(Consulté le 16.10.2019)