Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre III
Note [16]

Capot ou, plus souvent, cagot : « faux dévot et hypocrite, qui affecte de montrer des apparences de dévotion pour tromper et pour parvenir à ses fins. Ce mot est injurieux, et vient d’une condition de personnes habituées en Béarn et en quelque partie de la Gascogne, qu’on croit descendues des Wisigoths, qui sont tenus pour ladres, auxquels est interdite par la coutume la conversation avec le reste du peuple et qui logent en de petites maisons écartées » (Furetière). « On appelle ladres blancs, les ladres ou lépreux qui ont encore la face belle, et le cuir poli et lissé, ne donnant aucun signe par dehors de la lèpre dont ils sont atteints au-dedans » (ibid.). Dans les premiers stades de son développement, la lèpre (v. note [19], lettre 79) se caractérise par des taches achromiques (dépigmentées) de la peau.

Jean i Riolan, Universæ medicinæ compendia [Abrégés de toute la médecine] (Paris, 1598, v. note [9], lettre 22), Secunda pars medicinæ quæ υγιεινη, diæta sanorum appellatur [Deuxième partie de la médecine qu’on appelle hygiène ou régime des gens sains], chapitre ix, De aquis compositis [Des eaux composées] (page 106 vo) :

Ut Flandri, Angli, Picardi, Cereali isto vino utuntur pro ordinario potu, Ita Normani vino fructuario, quod illi ex pomis et piris conficiunt. Illud pomaceum, hoc piraceum nominatur succus torculari expressus dolio asservatur, qui quidem initio cum constet multa excrementitia humiditate, minus salutaris est, posteaquam eius magna portio percocta est, potest esse illius commodus usus ad refrigerandum et humectandum, multi frequentiore eius usu in leucem, lepram albam, inciderunt, refrigerato nimium iecore.

[Comme fait ce vin de céréale {a} pour les Flamands, les Anglais et les Picards, le vin fruitier {b} sert de boisson ordinaire pour les Normands ; ils le fabriquent à partir des pommes et des poires. Ce jus qu’on exprime à l’aide d’un pressoir, puis qu’on conserve dans un tonneau, porte les noms respectifs de pommé et de poiré. Au début, quand il présente beaucoup d’humidité excrémentielle, il est certes peu salubre ; plus tard, une fois presque entièrement fermenté, on peut en boire pour rafraîchir et humidifier le corps ; en refroidissant exagérément le foie, sa consommation excessive provoque la lèpre blanche chez bien des gens].


  1. La bière.

  2. V. supra note [5].

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Traité de la Conservation de santé (Guy Patin, 1632) : Chapitre III. Note 16

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(Consulté le 24.11.2020)

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