À Charles Spon, le 16 septembre 1653
Note [19]

Thomæ Bartholini Doctoris et Prof. Regii Dubia anatomica, de lacteis thoracicis et an hepatis funus immutet medendi methodum, publice proposita respondente Henrico Martini a Moinichem die 29. Junii mdcliii.

[Doutes anatomiques de Thomas Bartholin, docteur et professeur royal, sur les vaisseaux lactés du thorax et sur la question de savoir si les funérailles du foie modifient la méthode de remédier ; publiquement soumis le 29 juin 1653, Henricus Martinus von Möinichem {a} répondant]. {b}


  1. Henrik von Möinichem a correspondu avec Guy Patin.

  2. Copenhague, Melchior Martzan, 1653, in‑4o ; et la même année à Paris dans les Opusucla antomica nova de Jean ii Riolan (v. note [16], lettre 308, 5e référence citée dans la 2e notule {a}), avec dédicace à Patin :

    Guidoni Patino, Bellovaco, Doctori Medico Parisiensi, plane erudito, nuper Decano, amico veteri L.M.Q.D. {i} Thomas Bartholinus.

    [Thomas Bartholin l’a dédié volontiers et avec raison à Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur de la Faculté médecine de Paris et récemment son doyen, homme fort savant et son vieil ami].

    1. Libens MeritoQue Dedicavit.

Cette thèse est en grande partie dirigée contre Riolan. Bartholin y donne une exacte description des conduits lactifères de la mamelle dans le chapitre i, Vasa Lactea in Mammis [Vaisseaux lactés des mamelles], sans leur trouver de connexions avec les lactifères abdominaux (chylifères mésentériques). Il y fait notamment état de cette dissection humaine :

Femina iuvencula, sana nec indecore corpore, sed in necanda prole animo crudeli, sexta post partum hebdomade nuper comprehensa, capite plectitur, mihique ad Anatomem Augustam conceditur. Statim sub recto abdominis musculo Anastomoses adeo decantatas inter vasa Mammaria et Epigastrica inquisimus. Sed, quod in masculis semper apparuit, nullas invenimus. Ramuli utriusque tranversum amplius digitum a se remoti, nec vasa præter solitum distenta, quanquam et recens fuerit a partu et adhuc lactans. […]

Pro Lacte in mammis solliciti, eas aggressi sumus eadem culti acie. Separata pinguinide, qua glandulæ immersæ latebant, in conspectum prodierunt infinitæ minores glandulæ, inspersis hinc inde lineis candicantibus. Papillam Lactei tubuli satis tumidi decem pluresve circuli in morem ambiebant, lacte pleni, quorum singuli in varios divisi ramos progrediebantur desinebantque in glandularum extrema, ut ex figura Lector ad oculum videbit, quam subiungam.

[Une toute jeune femme, en bonne santé et de corps plutôt gracieux, avait été condamnée à mort pour avoir eu le cruel dessein de tuer son enfant six semaines après en avoir accouché Son corps me fut remis pour en faire la solennelle anatomie. Nous y avons aussitôt recherché, sous le muscle droit de l’absomen, les anastomoses dont on a tant parlé entre les vaisseaux mammaires et épigastriques, mais nous n’en avons trouvé aucune, contrairement à ce qui s’observe toujours chez les sujets de sexe masculin. Les rameaux de ces deux réseaux vasculaires étaient distants les uns des autres de plus d’un travers de doigt, et aucun n’était plus dilaté qu’à l’ordinaire, bien que la défunte eût accouché peu de temps avant et qu’elle allaitât encore. (…) {a}

Mûs par l’idée de trouver du lait dans les mamelles, nous les avons foullées avec la même lame de couteau. Après avoir séparé la graisse, où se cachaient les glandules qui y étaient noyées, une infinité d’entre elles, de très petite taille, se révélèrent à nos yeux, parcourues çà et là de sillons blancs. Une bonne dizaine de tubules lactés dilatés entouraient le téton à la manière d’une couronne. Ils étaient remplis de lait et chacun d’eux, divisé en rameaux, progressait jusqu’aux glandules où s’arrêtait leur parcours, comme le lecteur le verra sur la figure jointe]. {b}


  1. Bartholin en a déduit à juste titre que le lait maternel était distinct du chyle intestinal, en dépit de leur ressemblance.

    V. notule {f}, note [5], lettre latine 369, pour la manière dont la partie grasse du lait (crème) se forme à partir des chylomicons que le chyle apporte dans le sang.

  2. Cette figure n’a pas été reproduite dans l’édition que j’ai consultée. J’ai respecté la description donnée par Bartholin, bien qu’elle eût été plus claire en en inversant le sens : de chaque glandule naît un canal qui aboutit au mamelon après s’être joint à plusieurs autres.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 septembre 1653. Note 19

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0325&cln=19

(Consulté le 12.08.2022)

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