À Charles Spon, le 1er avril 1653
Note [16]

Thomas Bartholin (et non Caspar i, son père, comme l’écrivait ici Guy Patin) : De lacteis thoracis in hominis brutisque nuperrime observatis, Disputatio : Respond. Michaele Lyser [Thèse sur les lactifères thoraciques récemment observés chez les hommes et les bêtes : Michel Lyser (ami et préparateur de T. Bartholin), répondant] (Copenhague, 1652, in‑4o pour la première édition ; Londres, 1652, in‑8o pour la seconde).

A.‑J.‑L. Jourdan in Panckoucke :

« Bartholin fut sans contredit le médecin le plus célèbre du siècle dans lequel il vécut. Il effleura presque toutes les branches des connaissances humaines, mais l’anatomie fut la seule qu’il approfondit et cette science lui doit beaucoup. On lui attribue assez généralement la découverte ou plutôt la démonstration des vaisseaux lymphatiques, entrevus depuis près d’un demi-siècle par Aselli, mais confondus par lui avec les vaisseaux lactés ; Sprengel a néanmoins prouvé de la manière la plus évidente que cet honneur ne lui appartient pas, ou qu’il doit au moins le partager avec le Suédois Olaus Rudbeck. {a} Ce fut le 15 décembre 1651 et le 9 février 1652 que Bartholin aperçut ces vaisseaux sur les chiens avec son disciple Michel Lyser : or à cette époque, Rudbeck avait déjà publié ses observations. Le savant anatomiste danois put bien ne pas avoir connaissance du travail de son compétiteur et arriver de sa propre impulsion au même résultat que celui-ci ; mais il se forma du système lymphatique une idée bien moins exacte que Rudbeck. Ce dernier n’aurait certainement pas manqué de réunir tous les suffrages s’il eût été plus âgé et plus connu ; mais il comptait à peine quatre lustres {b} et son adversaire {c} jouissait d’une réputation colossale que de nombreux élèves proclamaient à l’envi dans toutes les Universités de l’Europe. Quoi qu’il en soit, on doit compter Bartholin au nombre de ceux qui ont le plus contribué aux progrès de la physiologie en défendant avec chaleur la doctrine des vaisseaux lymphatiques contre les attaques réitérées et violentes d’Harvey, de Riolan, de Horst et de Hofmann. »


  1. 1630-1702.

  2. 20 années.

  3. Né en 1616.

V. note [15], lettre 280, pour les Experimenta nova anatomica… (1651, 1654) de Jean Pecquet où il a relaté sa découverte de la circulation lymphatique en 1647.

La réponse de Jean ii Riolan à Thomas Bartholin est contenue dans sa troisième série (v. note [7], lettre 51) d’Opuscula anatomica, Opuscula nova anatomica : Iudicium novum de venis lacteis tam mesentericis quam thoracicis, adversus Th. Bartholinum. Lymphatica vasa Bartholini refutata. Animadversiones secundæ ad Anatomiam reformatam Bartholini. Eiusdem Dubia Anatomica de lacteis thoracicis resoluta. Hepatis funerati et ressuscitati Vindiciæ. Authore Ioanne Riolano [Opuscules anatomiques nouveaux : Nouveau jugement sur les veines lactées, tant mésentériques que thoraciques, contre Thomas Bartholin ; réfutation des vaisseaux lymphatiques de Bartholin ; secondes animadversions contre l’Anatomie révisée de Bartholin ; résolution de ses doutes sur les lactifères thoraciques ; revendication du foie qui a été enterré et que voilà ressuscité, par Jean Riolan] (Paris, Vve de Mathurin Dupuis, 1653, in‑8o ; achevé d’imprimer le 8 novembre 1653). On trouve sous la même reliure à la BIU Santé (Medic@) chez le même éditeur, la même année et au même format cinq réimpressions des opuscules de Bartholin :

  1. Thomæ Bartholini doctoris et prof. Regii Dubia anatomica, de lacteis thoracicis, a Ioanne Riolano resoluta ; et demonstratum hepatis funus immutare medendi methodum. Hepatis funerati et ressuscitati Vindiciæ [Doutes anatomiques de Thomas Bartholin, docteur et professeur royal, sur les vaisseaux lactés du thorax, résolus par Jean Riolan ; et les funérailles du foie qu’on a démontrées ne modifient pas la méthode pour remédier. Revendication du foie enterré et que voilà ressuscité] (pages 71‑97) ;

  2. Commentatio adversus novum de venis lacteis commentum [Commentaire contre le nouvel examen des vaisseaux lactés] (pages 99‑111) ;

  3. Thomæ Bartholini doctoris et professoris regii, de lacteis thoracicis, in homine brutisque nuperrime observatis, Historia anatomica [Histoire anatomique de Thomas Bartholin, docteur et professeur royal, sur les vaisseaux lactés du thorax, qu’on a observés tout récemment chez l’homme et chez les animaux], avec dédicace au roi du Danemark, Frédéric iii (69 pages) ;

  4. Thomæ Bartholini vasa lymphatica, nuper Hafniæ in animantibus inventa, et hepatis exsequiæ [Les Vaisseaux lymphatiques de Thomas Bartholin récemment découverts à Copenhague sur les animaux, et les obsèques du foie (v. note [18], lettre 322)], avec dédicace, Ioanni Riolano Maximo Orbis et Urbis Parisiensis Anatomico S.D. (salutem dicit) Thomas Bartholinus [Thomas Bartholin adresse son salut à Jean Riolan, le plus grand anatomiste du monde et de la ville de Paris] (33 pages) ;

  5. Thomæ Bartholini Doctoris et Professoris Regii, Dubia anatomica de lacteis thoracicis, et an Hepatis funus immutet Medendo Methodum [Doutes anatomiques de Thomas Bartholin, docteur et professeur royal, et si les funérailles du fois transforment la méthode pour remédier], avec dédicace, Guidoni Patino, Bellovaco, Doctori Medico Parisiensi, plane erudito, nuper Decano, amico veteri L.M.Q.D. (libens meritoque dedicavit) Thomas Bartholinus [Thomas Bartholin l’a dédié volontiers et avec raison à Guy Patin, natif de Beauvaisis, docteur de la Faculté médecine de Paris et récemment son doyen, homme fort savant et son vieil ami] (36 pages).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 1er avril 1653. Note 16

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0308&cln=16

(Consulté le 25.02.2020)

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