< L. 51.
> À Claude II Belin, le 6 octobre 1640 |
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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. –
À Claude II Belin, le 6 octobre 1640
Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0051 (Consulté le 12/12/2024) | ||||||||||||
Je vous remercie de toute mon affection, et M. Allen aussi, de ce que vous m’avez envoyé des mémoires pour l’éloge de M. François Pithou. [2] J’en ferai mon profit en temps et lieu, [3] et verrai M. le conseiller Pithou [4] quand je pourrai trouver quelqu’un de mes amis qui aura du crédit vers lui. [1] Je connais bien un feuillant nommé dom Jean de Saint-Paul [5][6] (ille est Ioannes Vassanus, in epistolis Ios. Scaliger), [7] qui est son cousin. [2] Je lui en parlerai la première fois que je le verrai, il est fort mon ami. Celui-là est un bon savant moine, qui secularibus negotiis sese non immiscet. [3] Il me semble que la Chambre des enquêtes où j’ai le plus de crédit est la seconde. Si votre procès va ailleurs, nous l’y suivrons et adiutores quæremus. [4] Le roi [8] et M. le cardinal [9] sont à Saint-Germain [10] et à Rueil. [11] La reine [12] est en couches de M. le duc d’Anjou. [5][13][14][15][16] Turin [17] est prise. [6] Tout cela vous est fort connu, mais il me semble qu’il n’y a ici rien de particulier que je vous puisse mander. M. Riolan [18][19][20][21] l’anatomiste a quitté la reine mère [22] à Londres et est ici venu se faire tirer une grosse pierre de la vessie. [7][23] L’opération en fut faite hier au matin, cum dubia salute, propter quædam symptomata quæ supervenerunt. [8] On dit que la reine mère est si lasse et si malcontente en Angleterre qu’elle délibère d’en sortir et de s’en aller à La Haye [24] en Hollande. Les Catalans sont de nouveau révoltés contre le roi d’Espagne [25] et ont envoyé demander au roi sa protection, qui leur a député, pour traiter avec eux, M. d’Espenan, [26] gouverneur de Leucate. [9][27] On tue, vole et massacre ici partout jour et nuit, si impunément que c’est pitié. [10] Nous attendons ici beaucoup de livres de Hollande, de M. de Saumaise [28] et autres. [11] Je vous baise très humblement les mains, à mademoiselle votre femme et à Messieurs vos frères, pour demeurer toute ma vie, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur. Patin. De Paris, ce 6e d’octobre 1640. | |||||||||||||
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Rédaction : guido.patin@gmail.com — Édition : info-hist@biusante.parisdescartes.fr | |||||||||||||
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