À Claude II Belin, le 4 août 1642
Note [2]

« pour favoriser largement l’excrétion de l’humeur bilieuse réprimée qui est en lui, afin qu’il n’en soit davantage incommodé dans l’avenir et qu’elle ne produise de nouveaux symptômes. »

Rhubarbe médicinale (Furetière) :

« Racine qui vient du royaume de Boutan aux extrémités de l’Inde, qui est fort purgative et qu’on mêle dans les médecines, particulièrement pour purger la bile. On fait des poudres, des extraits de rhubarbe. Elle n’est pas sauvage comme quelques-uns ont pensé, mais elle se cultive dans les jardins, et surtout en la province de Xensi et de Suchen en la Chine. C’est de là que ceux du Tibet et du Mogol, qui y vont souvent, ont accoutumé de l’apporter en Turquie, d’où elle vient en France. Elle est jaune ou rousse en dedans, marquetée de rouge. Sa substance est compacte et pesante. Elle est d’un goût amer et astringent, et d’une bonne odeur. Quelques médecins ont estimé que la rhubarbe est la même plante que le rhapontium des Anciens, dont parle Dioscoride, qui est une racine noire semblable au grand centaureum, qui a pris son nom du fleuve Rha, {a} qui arrose une province du Pont ; mais il est certain que les Anciens n’ont point connu la rhubarbe, non plus que nous ne connaissons point le rhapontique. Saumaise dit qu’on l’a appelée rheubarbarum par corruption de rha barbaricum. Fuchs dit qu’on l’a appelée rha barbarum, à cause qu’elle fut premièrement apportée de Barbarie au retour du voyage que fit Charles Quint à La Goulette. {b} Matthiole {c} dit qu’elle vient de l’Éthiopie troglodytique, que les Anciens appelaient Barbarica ; mais toute celle dont on use maintenant vient des Indes Orientales. »


  1. Aujourd’hui la Volga.

  2. Port proche de Tunis.

  3. V. note [42], lettre 332.

« La rhubarbe est employée utilement pour arrêter le cours de ventre, pour nettoyer et pour fortifier l’estomac. Elle est bonne contre les vers. Elle purge doucement en resserrant. Elle excite l’appétit » (Chomel).

La rhubarbe de nos vergers ne fut acclimatée aux sols français qu’au xviiie s.

V. note [22], lettre latine 351, pour le rhapontic (rha ponticum), purgatif de la même famille que la rhubarbe (rha barbarum), mais distinct d’elle.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 4 août 1642. Note 2

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(Consulté le 19.06.2021)

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