À Johann Wepfer, le 7 août 1664
Note [2]

« La marjolaine, selon Galien, est de parties fort ténues, de faculté résolutive, et sèche et dessiccative au troisième degré. Son jus pris en breuvage est bon au commencement de l’hydropisie, et singulier à ceux qui sont travaillés, ou de tranchées, ou de difficulté d’urine. On ne se sert ordinairement que de ses feuilles et de sa semence en médecine, quoique Matthiole [v. note [42], lettre 332] dise que toute l’herbe, ou sa décoction, est bonne à tous défauts de la poitrine qui font qu’on a peine à respirer, et qu’appliquée par dehors ou prise par dedans, elle soulage l’estomac, et les douleurs de foie et de rate, par la vertu qu’elle a de les conforter et de les désopiler [désobstruer]. Il ajoute que son jus distillé dans les oreilles en apaise la douleur, qu’il est singulier pour la surdité et que, tiré [humé] par le nez, il purge le cerveau et fait sortir l’humeur pituiteuse » (Thomas Corneille). V. note [84], lettre latine 351, pour plus de renseignements sur cette fleur médicinale parfumée, avec ses diverses dénominations grecques et latines.

« Le thym fortifie le cerveau, atténue et raréfie les humeurs visqueuses ; il est propre pour l’asthme, il excite l’appétit, il aide à la digestion, il chasse les vents, il résiste au venin. On s’en sert extérieurement pour fortifier, pour résoudre, pour ouvrir les pores, et pour exciter une transpiration plus libre. L’usage trop fréquent du thym met les humeurs dans une forte agitation. Il contient beaucoup d’huile exaltée et de sel volatil. Il est propre dans les temps froids aux vieillards, aux phlegmatiques, et à ceux qui ont l’estomac faible et débile » (Trévoux).

« Les Hollandais préparent des feuilles de sauge de la même manière qu’on prépare le thé en la Chine, et les portent aux Chinois comme une chose fort précieuse ; ce qui leur a si bien réussi qu’on leur donne maintenant pour une livre de feuilles de sauge quatre fois autant de thé, qu’ils revendent fort cher en Europe. La sauge est fort vantée dans l’École de Salerne, pour être un remède à tous maux [v. note [15], lettre 75] » (Furetière). « La décoction de ses feuilles et de ses branches prise en breuvage provoque le flux menstruel, fait uriner et a la vertu de faire sortir l’enfant hors du ventre de la mère. Elle étanche aussi le sang des plaies, et mondifie [déterge] les ulcères malins, noirs et sales » (Corneille).

« Les feuilles et les fleurs du romarin sont en usage en médecine, on s’en sert dans les maladies du cerveau et des nerfs, dans l’apoplexie, la paralysie, le vertige. On fait des essences et des eaux de romarin » (Trévoux).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Wepfer, le 7 août 1664. Note 2

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(Consulté le 24.10.2019)

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