De Reiner von Neuhaus, le 21 octobre 1663, note 2.
Note [2]

Jamais à court de verbiage pompeux, Reiner von Neuhaus glorifiait ici la paix des Pyrénées (7 novembre 1659) et ses heureuses suites ; même si le mérite en revenait plutôt à Mazarin qu’à Louis xiv.

V. note [16], lettre de Samuel Sorbière écrite au printemps 1651, pour Mars, dieu romain de la guerre. Figurant ici l’Espagne, la Gorgone désignait Méduse, symbole de la femme fatale et la plus célèbre des trois Gorgones de la mythologie.

Fr. Noël :

« Méduse était mortelle, au lieu que ses deux sœurs, Euryale et Sténo, n’étaient sujettes ni à la vieillesse ni à la mort. Neptune, {a} s’étant métamorphosé en oiseau, enleva Méduse et la transporta dans un temple de Minerve qu’ils profanèrent ensemble. La déesse en fut si irritée qu’elle changea en affreux serpents les beaux cheveux dont Méduse se glorifiait et donna à ses yeux la force de pétrifier tous ceux qu’elle regardait. Persée, {b} muni des talonnières de Mercure, du miroir de Minerve et du casque de Pluton, se présenta devant Méduse sans en être aperçu, < et > coupa la tête de la Gorgone qu’il porta depuis avec lui dans toutes ses expéditions. Du sang qui sortit de la plaie de Méduse, quand sa tête fut coupée, naquirent Pégase et Chrysaor ; et lorsque Persée eut pris son vol par dessus la Libye, {c} toutes les gouttes de sang qui découlèrent de cette fatale tête se changèrent en autant de serpents. Persée, vainqueur de tous ses ennemis, consacra à Minerve la tête de Méduse qui, depuis ce temps-là, fut gravée sur la redoutable égide de la déesse. »


  1. V. note [6] du Faux Patiniana II‑7.

  2. Héros mythique, fils de Jupiter et de Danaé, dont le plus grand exploit fut son combat contre les Gorgones. Il était armé du bouclier de Minerve, du casque de Pluton, et des ailes et des talonnières de Mercure.

  3. V. notule {b}, note [28] des Triades du Borboniana manuscrit.

  4. Par métonymie, Méduse a donné son nom aux animaux marins transparents qui appartiennent à l’embranchement des Cnidaires. Son pouvoir pétrifiant a survécu dans le verbe méduser. On a aussi qualifié de gorgone une femme très méchante ou très laide.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Reiner von Neuhaus, le 21 octobre 1663, note 2.

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(Consulté le 22/02/2024)

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