À André Falconet, le 2 décembre 1650
Note [22]

Journal de la Fronde (volume i, fos 328 vo, vendredi 2 décembre 1650) :

« Ce matin, le Parlement s’étant assemblé, MM. de Beaufort, de Brissac, le coadjuteur et de L’Hospital s’y étant trouvés, le premier président et l’avocat général Talon ont harangué et ont exhorté l’assemblée de ne faire point de bruit dans les conjonctures présentes afin que les ennemis de l’État n’en puissent pas profiter ; ensuite de quoi, M. Deslandes-Payen a pris la parole, <disant> que hier à neuf heures du soir il fut chargé d’une requête de la part de Mme la Princesse, {a} dont on fit lecture. Elle contenait en substance qu’ayant été contrainte de se sauver avec M. le duc d’Enghien, son fils, de Chantilly à Montrond {b} pour y chercher une sûreté contre les persécutions violentes du cardinal Mazarin, elle <a> encore su qu’on avait fait avancer les troupes pour la prendre là, ce qui l’avait obligée de se réfugier dans Bordeaux, {c} où elle avait été reçue sous la protection du parlement ; qu’après la paix, elle avait été à Bourg {d} se jeter aux pieds de la reine et lui demander la liberté de Messieurs les princes ; que Sa Majesté lui avait fait espérer qu’elle considérerait la prière qu’elle lui en faisait après qu’elle se serait mise en état de recevoir cette grâce ; qu’ensuite elle avait obéi ; que depuis, Sa Majesté a été détournée de la bonne volonté qu’elle en pouvait avoir par le cardinal Mazarin qui avait fait transférer Messieurs les princes au Havre, le lieu le plus incommode qu’il avait pu imaginer, et les avait soustraits par ce moyen de la juridiction de Messieurs du Parlement de Paris qui sont leurs juges naturels ; les suppliait d’ordonner que le roi serait très humblement supplié de les faire ramener à Paris dans le Louvre pour être jugés aussitôt. Il a été résolu tout d’une voix que cette requête serait communiquée à Messieurs les Gens du roi et qu’en l’assemblée, on en délibérerait mercredi prochain. » {e}


  1. La fille.

  2. Le 11 avril, v. note [15], lettre 226.

  3. 31 mai, v. note [5], lettre 234.

  4. 3 octobre, v. note [4], lettre 246.

  5. 7 décembre

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 2 décembre 1650. Note 22

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(Consulté le 03.12.2020)

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