À Charles Spon, le 8 janvier 1650
Note [28]

Tyge Ottesen, dit Tycho Brahe, seigneur de Knudstorp (Knudstorp, Scanie 1546-Prague 1601), a été le plus illustre savant danois du xvie s. Il brilla particulièrement en astronomie, mais ne négligea aucune des autres sciences de son temps, y compris la médecine et la chimie. En 1576, pour retenir Tycho Brahe dans sa patrie, le roi du Danemark, Frédéric ii, lui fit don de l’île de Hven, l’investit d’un fief situé en Norvège, et d’une pension et d’un canonicat lucratifs. Le savant put ainsi faire ériger son magnifique château d’Uraniborg (château d’Uranie, v. notule {b}, note [6] du Borboniana 7 manuscrit, pour cette Muse) et plus tard, l’observatoire de Stjärneborg (château des Etoiles). En butte à l’hostilité grandissante de la cour après la mort de Frédéric ii (1588), Tycho Brahe quitta son île en 1597 pour parcourir l’Europe, jusqu’à accepter en 1599 l’asile généreux que l’empereur Rodolphe ii lui offrit à Prague (G.D.U. xixe s.).

L’éloge de Jacques-Auguste i de Thou se trouve dans le livre cxxvi (Henri iv, 1601) de son Histoire universelle (Thou fr, volume 13, page 647) :

« Je vais maintenant parler de Tycho Brahe, cet illustre Danois qui, par les judicieuses observations qu’il a faites sur le cours des astres dans sa retraite d’Uraniborg avec autant de fatigues que de dépenses, a mérité le nom de prince des astronomes. Il quitta le Danemark pour venir en Allemagne et resta pendant quelque temps à la cour de l’empereur Rodolphe.{a} Il eut pour ami intime Guillaume, Landgrave de Hesse, qui excellait lui-même dans l’astronomie. Tycho mourut cette année à Prague, le 24e d’octobre, à l’âge de 54 ans, 9 mois, 19 jours. Les écrits qu’il avait lui-même fait imprimer l’égalèrent déjà à Ptolémée, {b} à Jean Régiomontan {c} et à Nicolas Copernic ; {d} mais ceux que Jean Kepler, {e} à qui il légua les précieux restes de ses ouvrages, a donnés au public après la mort de ce grand homme l’élèvent au-dessus de tous les astronomes. »


  1. Rodolphe ii, v. note [39] du Borboniana 3 manuscrit.

  2. V. note [22], lettre 151.

  3. Johannes Regiomontanus, v. note [1] du Borboniana 2 manuscrit.

  4. 1473-1543 (v. note [9], lettre 61).

  5. Bien plus illustre aujourd’hui que Brahé, Johannes Kepler (Weil der Stadt-Keplerstadt, Bade-Wurtemberg 1571-Ratisbone 1630) lui succéda dans la charge de mathématicien impérial. Défenseur de l’héliocenrisme, il a établi l’orbite elliptique des planètes et décrit trois lois immortelles qui régissent leurs mouvements, avec une préfiguration de la gravitation universelle. Ses insignes mérites n’ont vraiment été reconnus qu’au xviiie s. : son nom n’apparaît dans aucun texte de notre édition.

Imprimer cette note
Citer cette note

x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 8 janvier 1650. Note 28

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0211&cln=28

(Consulté le 03.07.2022)

Licence Creative Commons