À Claude II Belin, les 18 et 22 août 1647
Note [29]

À la page 62 de son livre du « Calcul urinaire » (v. note [9], lettre 76), Claude i Saumaise n’a consacré qu’une courte phrase à son projet sur le Nouveau testament ; il n’y est autrement question que de la maladie engendrée par les poux (phtiriase) :

Morbus præterea est φθειριασις, quo qui laborat, multi in eo per totum corpus ebulliunt pediculi. Non unus aut alter in corpore vel in carne pediculus φθειριωντα fecerit, sed infinita eorum copia qua corpus eroditur. Hoc malo periit Pherecydes ex Græcis, ex Romanis Sylla, ex Iudæis Herodes. Parentum ætate rex etiam quidam in Europa sic vitam finivit. Hos pediculos, non de facie vulgaribus similes, per totam cutem magna vi erumpentes, nonnulli σκωληκας vocant, et ευλας. Unde σκωληκοβρωτον apud Lucam in Herode Agrippa, de hac phtiriasi non male interpretati sunt. De quo nos ad Novum Testamentum plura. Ευλας etiam quidam nominarunt, qui sunt σκωληκες.
[La phtiriase est en outre cette maladie où les poux grouillent par tout le corps de celui qui est atteint. Ce ne sont pas un ou deux poux sur le corps ou dans la chair qui provoqueront la mort, mais leur nombre immense qui rongera le corps. De ce mal ont péri Pherecydes de Syros chez les Grecs, Sylla chez les Romains, Hérode chez les Juifs. Du temps de nos pères, en Europe, un certain roi a aussi péri de la sorte. {a} Quelques-uns appellent scolex et eulas {b} ces poux qui n’ont pas le même aspect que les poux communs et qui font irruption avec grande force au travers de toute la peau. De là vient que dans Luc, sur Hérode Agrippa, l’expression “ mangé des vers ” {c} n’est pas mal choisie pour parler de cette phtiriase. J’en dirai plus dans mon commentaire sur le Nouveau Testament. Il y en a même qui appellent eulas les scolex].


  1. Philippe ii, roi d’Espagne : v. note [4], lettre 831.

  2. Scolex et eulas sont deux synonymes grecs signifiant ver.

  3. L’expression n’est pas dans l’Évangile de Luc, mais dans les Actes des apôtres : v. note [5], lettre 831.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, les 18 et 22 août 1647. Note 29

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(Consulté le 21.10.2019)

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