À Claude II Belin, le 10 septembre 1636
Note [3]

Le manuscrit est déchiré en cet endroit ; les mots entre chevrons proposent une reconstitution.

Le livre « sur Hippocrate, des Affections internes » est intitulé :

Prælectiones in librum Hippocratis Coï, medicorum Principis, de Morbis internis : Auctore M. Ioanne Martino, Doctore medico Parisiensi, Professore Regio, et Mariæ Mediceæ Christianissimæ Reginæ Archiatro : Editore Renato Morello Doctore medico Parisiensi et Professore Regio.

[Leçons sur le livre d’Hippocrate de Cos, prince des médecins, des Affections internes. Son auteur est Jean Martin docteur en médecine de Paris, professeur royal, premier médecin de Marie de Médicis, et son éditeur, René Moreau, {a} docteur en médecine de Paris et professeur royal]. {b}


  1. René Moreau a dédié cet ouvrage à Pierre i Seguin, Primario Reginæ Medico [premier médecin de la reine], {i} qui a écrit, en introduction, un Elogium M. Ioan. Martini Archiatri [Éloge de l’archiatre Jean Martin], où il le dit avoir été le brillant élève de Louis Duret et très savant en latin, en grec et dans les langues orientales. Sur son titre de premier médecin, il écrit :

  2. Tandem a Sereniss. Regina in aulam advocatus, Maiestatis eius αρχιατρος reliquo, sed breviore vitæ curriculo permansit, siquidem ante completum annum cum e fonte bellaqueo Lutetiam in Regio comitatu ad suos revertisset, undique ad ineunda consilia, Medicorum sui temporis coryphæus ab amicis (quibus denegare nihil poterat) accersebatur ; sed aulæ atque urbis onera cum non esset ferendo vir septuagenarius in acutam febrem incidit cuius vehementia, cum sacris pie et sancte operatus fuisset vitam temporariam cum æterna et cœlesti commutavit.

    [Enfin, la sérénissime reine {ii} l’appela à la cour, et il demeura archiatre de Sa Majesté pendant le peu de temps qu’il lui restait à vivre : avant qu’une année se fût écoulée, il revint vers les siens, accompagnant le roi de Fontainebleau à Paris, {iii} où des amis (à qui il ne savait rien refuser) sollicitèrent de tous côtés les avis du coryphée {iv} des médecins de son temps ; mais ce septuagénaire n’étant plus capable de supporter les charges de la cour et de la ville, il sombra dans une fièvre aiguë, dont la violence le fit passer de la vie temporaire qu’on mène ici-bas à celle, éternelle, qu’on mène au ciel, après avoir pieusement et saintement reçu les derniers sacrements]. {v}

    1. Premier médecin d’Anne d’Autriche en 1615, v. note [12], lettre 5.

    2. Après sa nuit de noces du 17 décembre 1600, Marie de Médicis arriva à Paris le 9 février suivant ; installée à Fontainebleau au début du printemps 1601, elle y donna naissance au dauphin le 27 septembre.

    3. Vers mai 1601.

    4. Meneur.

    5. Pour dire que Jean Martin mourut catholique au cours de l’été 1601. Cette date est la seule compatible avec ce récit et me paraît hautement plus probable que celles de 1604 ou 1609 données pas d’autres biographes. Une lacune du manuscrit empêche de lire l’année écrite par Guy Patin dans la présente lettre mais a donné 1609 au début de celle du 26 mai 1634. André i Du Laurens (v. note [3], lettre 13) lui succéda auprès de Marie de Médicis, et la servait au moment de la naissance du dauphin (v. note [68] des Deux Vies latines de Jean Héroard, premier médecine de Louis xiii).
  3. Paris, Jean Libert, 1637, in‑4o. Le Typographus lectori philatro S. [Salut de l’imprimeur au lecteur philiatre] précise que Martin avait commencé à écrire ses Prælectiones le 1er mars 1575 et les avait terminées le 13 septembre 1576.

Jean Martin, auteur de cet ouvrage posthume, était natif de Paris ; il avait obtenu, en 1570, le premier lieu de la licence (v. note [8], lettre 3) à la Faculté de médecine de Paris, et fut reçu docteur régent en 1572, puis professeur royal de médecine en 1588. Claude-Pierre Goujet (v. note [3] du manuscrit 2007 de la BIU Santé) lui a consacré un long article (tome troisième, pages 57‑68), où il affirme, contre d’autres, que Martin a été professeur royal de 1588 à 1594, et date sa mort de 1609 (tout en citant l’éloge de Seguin, v. supra notule {a}).

V. notes :

  • [10], lettre 211, pour un autre commentaire hippocratique de Martin sur le livre de l’Air, des eaux et des lieux (Paris, 1646) ;

  • [44] du Borboniana 6 manuscrit pour Jacques Martin, fils incertain de Jean.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 10 septembre 1636. Note 3

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0031&cln=3

(Consulté le 02.12.2022)

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