À Hugues de Salins, le 13 juillet 1655
Note [3]

« Arétée de Cappadoce est le meilleur des Grecs les plus tardifs, on peut négliger les autres comme autant de singes de Galien. Celse est un auteur de la plus pure latinité ; il a beaucoup emprunté à Hippocrate, mais jamais il n’a pratiqué la médecine ; on peut même dire qu’il ne fut pas médecin, mais ne fut que sophiste ; au témoignage de Quintilien, il avait écrit sur beaucoup d’autres sujets et arts. »

Sceptique sur la possibilité d’embrasser tous les savoirs, Quintilien (v. note [4], lettre 244 ; Les Institutions oratoires, livre xii, chapitre 11, § xxi‑xxiv) a critiqué Homère, Platon, Caton l’Ancien, Varron, Cicéron, pour finir avec Celse (v. note [13], lettre 99) :

Quid plura ? cum etiam Cornelius Celsus, mediocri vir ingenio, non solum de his omnibus conscripserit artibus, sed amplius rei militaris et rusticæ et medicinæ præcepta reliquerit, dignus vel ipso proposito ut eum scisse omni ailla credamus.

[Enfin que dirai-je de plus ? Un Cornelius Celsus, doué d’ailleurs d’un génie médiocre, outre qu’il a écrit sur tous les arts, a laissé encore des traités plus étendus sur la stratégie, l’agriculture et la médecine ; il est sans doute digne, ne fût-ce que pour l’avoir entrepris, qu’on croie de lui qu’il possédait toutes ces sciences].

V. note [15], lettre de Charles Spon, datée du 28 décembre 1657, pour l’opinion de Johannes Antonides Vander Linden sur le fait que Celse ait ou non pratiqué la médecine.

Arétée de Cappadoce, médecin grec né en Cappadoce, paraît avoir vécu vers la fin du ier s. de l’ère chrétienne et au commencement du iie (et donc antérieurement à Galien). Il nous reste de lui quatre traités en dialecte ionien, divisés chacun en deux livres : 1. Causes et signes des maladies aiguës ; 2. Causes et signes des maladies chroniques ; 3. Cure des maladies aiguës ; 4. Cure des maladies chroniques. Ces écrits ne nous sont parvenus qu’avec beaucoup de lacunes, quelques chapitres manquent même entièrement. Arétée est encore lu avec plaisir et avec fruit parce qu’il a donné une grande place à la description des symptômes et de la marche des maladies, mais très petite aux spéculations sur leurs causes. Sa thérapeutique laisse moins de place que celle d’Hippocrate au bon vouloir de la Nature, elle ose souvent lui tracer le chemin. Comme théoricien, Arétée paraît avoir appartenu à la secte pneumatique, ainsi nommée parce qu’elle admettait, comme cinquième élément du corps, un esprit (pneuma) ou fluide subtil, aux modifications duquel elle attribuait toutes les maladies (G.D.U. xixe s.).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Hugues de Salins, le 13 juillet 1655. Note 3

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(Consulté le 10.05.2021)

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