À Charles Spon, le 3 juillet 1663
Note [3]

Ces deux livres existent, mais posent des questions que je ne suis pas entièrement parvenu à débrouiller et à accorder avec ce qu’en disait Guy Patin.

  • Le Trésor des remèdes secrets pour les maladies des femmes, pris du latin et fait français {a} est unanimement attribué à Jean Liébault, mais son nom n’y apparaît pas. Dans l’avis Au lecteur, l’auteur dit : « voici un trésor et ouvrage nouveau que j’ai emprunté du latin et fait en français », sans citer sa source.

  • La Commare o riccoglitrice del Ecc.mo Sre Scipion Mercurii Filosofo, Medico e Citadin Romano. Divisa in tre libri ristampata corrrecta et accresciuta dall’ istero Autore… {b} n’a jamais paru en latin ni avant le précédent, et n’a donc pas pu lui servir de modèle. En outre, son auteur est le médecin et dominicain Scipio Mercurius, {c} bien que le nom de Giovanni Marinello (Marinellus), médecin de Formies (Formia dans le Latium) au xvie s., se lise parfois parmi les auteurs secondaires de ce livre.

    Mercurio aurait pu s’inspirer du traité de gynécologie intitulé Gli Ornamenti delle Donne, scriti per M. Giovanni Marinello. Et divisi in Quattro Libri, con due Tavole, una de’Capitoli, e l’altra d’alcune cose particolari. Opera utile, et necessaria ad ogni gentile persona. {d} Je doute pourtant de cette possibilité car je n’ai guère trouvé de ressemblances entre ce livre et la Commare. Les bibliographies de Marinello citent aussi sa Medicina pertinenti alle infermita delle donne, {e} qui pourrait être le même ouvrage sous un autre titre, mais je n’ai pas mis la main sur cette édition pour en examiner le contenu.

    Patin a pu confondre Mercurius et Marinellus, mais se serait alors pareillement mépris dans sa lettre à André Falconet, datée du 9 avril 1666 (v. sa note [1]), en trouvant excellent le livre de Marinellus. J’avoue humblement mon incapacité à réconcilier ces diverses contradictions.


    1. Paris, Jean Du Puys, 1585, in‑8o de 924 pages, plusieurs fois réédité.

    2. « La Commère ou sage-femme de l’excellentissime M. Scipione Mercurio, philosophe, médecin et citoyen romain. Divisée en trois livres, réimprimée, corrigée et augmentée par ledit auteur… » (Venise, Gio. Bat. Ciotti, 1601, in‑fo illustré de 402 pages, première édition ibid. et id. 1595, très nombreuses réimpressions, dont la dernière en 2018).

      Deux illustrations de la Commare retiennent particulièrement l’attention car elles représentent une césarienne pratiquée chez une femme qui semble vivante, opération publiée pour la première fois par François Rousset à Paris en 1581 (v. note [7], lettre 159).

    3. V. note [17], lettre 527.

    4. « Les Ornements de la Femme, décrits par M. Giovanni Marinello et divisés en quatre livres, avec deux index, l’un des chapitres, l’autre de certaines choses particulières. Ouvrage utile et nécessaire à toute personne aimable » (Venise, Francesco de’ Franceschi Senese, 1562, in‑8o de 637 pages), sans édition latine que je sois parvenu à trouver.

    5. « La Médecine qui regarde les maladies des femmes » (Venise, 1563, in‑8o).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 3 juillet 1663. Note 3

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(Consulté le 07.12.2022)

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