À Charles Spon, le 4 août 1654
Note [4]

Claude-Paul de Villiers, comte de Beaujeu (v. notes [20], lettre 177, [33], lettre 219, et [22], lettre 290), maréchal de camp en 1649, avait été nommé lieutenant général en 1652.

Turenne (Mémoires, tome deuxième, pages 8‑9) :

« On manda aussi au comte Broglie, gouverneur de La Bassée, de se venir loger à Lens, avec quinze cents ou deux mille hommes des garnisons ; et par ce moyen-là on empêchait les vivres par le côté de Douai et Lille. Il y avait le côté du comté de Saint-Pol {a} qui demeurait fort libre, par où les ennemis pouvaient avoir la communication avec Aire et Saint-Omer. Dès le soir que l’on arriva avec l’armée à Montchy-le-Preux, {b} on écrivit au gouverneur d’Hédin de mettre des gens dans Saint-Pol ; et si cela eût été fait, le siège d’Arras aurait assurément été levé sans être obligé de donner aux lignes ; {c} mais ou les intérêts particuliers, ou la faiblesse de la garnison d’Hédin l’en empêcha ; et on y eût aussi remédié sans la mort de M. de Beaujeu qui, ayant été promptement envoyé avec douze cents chevaux, avec ordre de prendre quelque infanterie du comte Broglie pour garder ce côté du comté de Saint-Pol, il rencontra les ennemis qui allaient faire un convoi à Aire ; et un nommé Drouat, avec sept ou huit cents chevaux, l’ayant attaqué à la pointe du jour, comme ses gens repaissaient, {d} ils furent au commencement mis en désordre et dans cet abord, M. de Beaujeu fut tué ; mais ses gens s’étant remis, les ennemis furent battus, et beaucoup des leurs tués ou pris prisonniers ; mais comme les nôtres n’eurent plus de chef, ils s’en revinrent à Béthune et ne marchèrent point jusques à Saint-Pol, où M. de Beaujeu avait ordre d’aller ; et dans cet entretemps, les ennemis envoyèrent promptement de l’infanterie dans Saint-Pol, ce qui mit ce lieu-là en état de n’être pas pris sans qu’une armée y allât ; ce que l’on ne pouvait faire, ne pouvant quitter le côté de Douai, où était l’armée, qui sont des lieux à l’opposite les uns des autres. ». {e}


  1. Saint-Pol-sur-Ternoise (Pas-de-Calais), 40 kilomètres au nord-ouest d’Arras.

  2. Dix kilomètres à l’est d’Arras.

  3. D’attaquer les fortifications.

  4. Mangeaient.

  5. Par rapport à Arras.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 4 août 1654. Note 4

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(Consulté le 30.11.2022)

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