À André Falconet, le 25 février 1661
Note [4]

Il n’y a pas eu d’acte à la Faculté le mardi 22 février 1661. L’acte de régence (pastillaire, ou antéquodlibétaire) de Pierre Pourret avait eu lieu la veille : sous la présidence de Nicolas Brayer, le candidat avait répondu à la première proposition, An mulier viro ψυχροτερη ? [La femme est-elle plus froide que l’homme ?] ; puis Eusèbe Renaudot s’était attaqué à la seconde, An mulier viro βραχυβιατερη ? [La femme est-elle moins vigoureuse que l’homme ?]. L’acte dont parlait ici Guy Patin devait être celui du 23 février : le même Pierre Pourret présida sa première quodlibétaire, Estne mulierum semen infœcundum ? [La semence des femmes est-elle stérile ?] (affirmative) ; le candidat était le bachelier Jacques Boujonnier (Comment. F.M.P., tome xiv, page 632). Les examinateurs étaient Claude Quartier, François Landrieu, Antoine de Sarte, Daniel Arbinet, François Lopès, Charles Barralis, Philibert Morisset (doyen), Hermant de Launay et Philippe Hardouin de Saint-Jacques. Le procès-verbal du doyen dans les Commentaires ne signale aucune défection d’examinateur.

Guy Patin avait tort, comme quand il a ailleurs (L’Esprit de Guy Patin, pages 73) fermement nié la réalité des hermaphrodites, considérant le phénomène comme un mythe oiseux :

« Il y a un historien espagnol (c’est Jérôme Romain) {a} qui a prétendu que Ferdinand Nunnez, surnommé Pintianus, {b} était hermaphrodite, et cela parce que Pintianus dans un commentaire espagnol sur Jean Mona, poète de Cordoue, a traduit en cette langue cette épigramme de Martial :

Nolo tamen veteris documenta arcessere famæ
Ecce ego sum factus fœmina de puero
. {c}

Mais ce Jérôme Romain s’est trompé en imaginant que Pintian disait de lui-même ce qui n’est qu’une citation d’un auteur. Nunnez ordonna pour son épitaphe ces paroles : La mort est le plus grand bien de la vie. »


  1. Jeronimo Román de la Higuera (Lisbonne 1538-Tolède 1611), historien jésuite espagnol.

  2. Hernán Núñez de Toledo y Guzmán (Ferdinandus Nunius Pintianus), humaniste espagnol (Valladolid 1475-Salamanque 1553).

  3. Ces deux vers ne sont pas de Martial, mais d’Ausone (Épigrammes, lxix, Quæ sexum mutarint [Celles qui auront changé de sexe], vers 15‑16) : « Mais je ne veux pas aller chercher des exemples d’ancienne date : moi-même j’étais garçon tout à l’heure, et me voilà fille. »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 25 février 1661. Note 4

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(Consulté le 25.11.2020)

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