À Samuel Sorbière, le 1er décembre 1646, note 4.
Note [4]

Dans le manuscrit, insuadere, comme verbe subordonné à audiveram [j’ai ouï dire], n’existe pas en latin ; ma traduction l’a remplacé par inspicere [écrire sur], supposition que je crois être graphiquement la plus voisine.

Charybde et Scylla étaient deux écueils marins du détroit de Messine, que le mythe liait aux infortunes de deux divinités féminines antiques.

  • Charybde, fille de Poséidon et de Gaïa, « ayant volé des bœufs à Hercule, fut foudroyée par Jupiter et changée en un gouffre dangereux dans le détroit de Sicile en face d’un autre nommé Scylla » (Fr. Noël).

  • Scylla, « fameux monstre de la mer de Sicile, avait été autrefois une belle Nymphe dont Glaucus, dieu marin, fut amoureux ; mais n’ayant pu la rendre sensible, il eut recours à Circé [v. note [7] du Traité de la Conservation de santé, chapitre viii]. Cette fameuse magicienne composa un poison qu’elle jeta ensuite dans la fontaine où la Nymphe avait coutume de se baigner. À peine Scylla y fut-elle entrée, qu’elle se vit changée en un monstre qui avait douze griffes, six gueules et six têtes ; une foule de chiens lui sortaient du corps autour de la ceinture et, par des hurlements continuels, frappaient d’effroi tous les passants. Scylla, effrayée elle-même de sa figure, se jeta dans la mer près de l’endroit où est le fameux détroit qui porte son nom ; mais elle se vengea de Circé en faisant périr les vaisseaux d’Ulysse, son amant » (ibid.).

  • « De là est venu le proverbe qu’il faut prendre garde de tomber en Scylla, en voulant éviter Charybde, c’est-à-dire, qu’en fuyant un péril on ne se précipite dans un autre opposé » (Trévoux).

V. notes :

  • [9], lettre 22, pour les Opera omnia [Œuvres complètes] de Jean i Riolan (Paris, 1610) ;

  • [4], [5], [6] et [12] de la lettre de Samuel Sorbière, datée du 15 octobre 1646, pour les indélicatesses de Jan de Wale ; pour les dernières nouvelles de Thomas Bartholin, qui achevait son long voyage en Europe ; pour la somptueuse édition des Opera omnia [Œuvres complètes] (Amsterdam, 1645) d’Adriaan van de Spiegel ; et pour le traité « du Citoyen » et la « Physique » (Elementa Philosophiæ) de Thomas Hobbes, que son ami Sorbière entreprenait de traduire en français.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Samuel Sorbière, le 1er décembre 1646, note 4.

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(Consulté le 24/04/2024)

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