De Samuel Sorbière, le 15 octobre 1646, note 5.
Note [5]

Thomæ Bartholini Casp. F. de Latere Christi aperto Dissertatio. Accedunt Cl. Samasii, et aliorum, de Cruce Epistolæ.

[Dissertation de Thomas Bartholin, fils de Caspar i, {a} sur la plaie qui a été percée dans le flanc du Christ. Avec les Lettres de Claude Saumaise {b} et d’autres sur la Croix]. {c}


  1. Thomas Bartholin a correspondu avec Guy Patin.

  2. V. note [11], lettre 51, pour Claude i Saumaise.

  3. Leyde, Joannes Maire, 1646, in‑8o de 39 feuilles (624 pages) ; épître dédicatoire à Olaüs Wormius (v. note [6], lettre latine 11), datée de Paris le 5 décembre 1640.

L’étude anatomique, pathologique et théologique de Bartholin porte en particulier sur le coup de lance qu’un centurion donna dans le flanc du Christ en croix, et sur la crucifixion en général. Rangée par ordre chronologique, la correspondance qu’il a échangée avec plusieurs éminents auteurs sur la Passion de Jésus compose les deux tiers de l’ouvrage (pages 213‑624). Saumaise a écrit les quatre plus longues de ces lettres (pages 217‑224, 225‑342, 359‑528, 579‑624) ; la dernière, datée de Leyde, le 29 novembre 1646, est intitulée Cl. Salmasii de Hyssopo et Cruce tertia epistola ad Th. Bartholinum Medicum [Troisième (sic pour quatrième) lettre de Cl. Saumaise à Th. Bartholin, médecin, sur l’Hysope et la Croix], et commence ainsi :

Heri allatus est ad me, præstantissime Bartholine, per fratrem, lectissimum adolescentem, dissertatio de latere Christi aperto, cum variorum Epistolis de cruce, et de Hyssopo Evangelistæ Iohannis. Pro quo munere grates ago tibi summas, nec minores debeo pro eo quod principibus permixtum Achivis ibi me quoque agnosci visique volueris. Accepto libro statim libuit inspicere ecquid lucis illi quos postremos consulueras super eodem argumento, huic quæstioni explicandæ attulissent. Mea etiam tanquam aliena obiter percurrere visum est, et cum aliorum dictatis conferre, ut viderem, utrum ego corrigendus ex illis essem an illi ex me, vel an in eadem mecum sententiam, ut sæpe fit, incidissent. Eo certe animo ad eorum scripta legenda accessi, ut a mea opinione facile me dimoveri sinerem si quod ego reperire frustra tentassem, ab illis sollerter et acute excogitatum offenderem. Ut enim singuli dies abeuntes aliquid subinde de nostris corporibus carpunt et auferunt, quædam etiam addunt, boni malive, senilia minuendo, iuvenilia augendo, ita idem quoque tempus ingenia nostra recedens accedensque aliter afficit, ac dum curis secundis dat locum, sæpe in melius, aliquando et in peius eas mutat. Felices illi quorum posteriores φροντιδας etiam contigit esse sapientiores. Sic veris concedere paratus, cœpi evolvere quæ vir doctissimus, ultimus eorum quos per Epistolam interrogaveras, ad tua de Hyssopo Iohannis quæsita responderat.

[Très éminent Bartholin, votre frère, qui est un jeune homme fort appliqué à l’étude, {a} m’a hier apporté votre Dissertatio de Latere Christi aperto, avec les lettres de divers auteurs sur la Croix et l’Hysope de Jean l’Évangéliste. {b} Acceptez mille remerciements pour ce présent, et je ne vous en dois pas moins pour m’y avoir mêlé aux plus éminents Grecs, {c} et avoir voulu me compter en bonne place parmi eux. Dès que votre livre m’est arrivé dans les mains, j’ai pris plaisir à contempler la lumière que les derniers que vous aviez consultés à son sujet ont projetée sur l’explication de cette question. {d} J’ai même veillé à parcourir superficiellement leurs interprétations, ainsi que la mienne, en les confrontant aux traités d’autres auteurs, pour voir si je devais corriger la mienne d’après la leur, s’ils devaient faire l’inverse, ou s’ils étaient parvenus au même avis que moi, comme il arrive souvent. C’est dans cet esprit que je me suis attaché à lire ce qu’ils ont écrit, pour me donner la liberté de changer volontiers d’opinion si je les offusque en ayant la vanité de tenir pour ma propre trouvaille ce qu’ils ont astucieusement et intelligemment découvert. De même, en effet, que les jours qui passent arrachent et ôtent sans cesse quelque partie de nos corps, et y ajoutent aussi quelqu’une, bonne ou mauvaise, pour affaiblir les vieux et fortifier les jeunes, de même, le temps affecte diversement nos esprits en retranchant et en additionnant ; et quand il donne la possibilité de revenir sur nos premières pensées, il les rend meilleures, mais parfois pires. Heureux ceux à qui il est même arrivé d’être plus sages en leurs secondes réflexions. Ainsi disposé à céder le pas à la vérité, j’ai entrepris de critiquer ce qu’un très savant homme, le dernier que vous aviez interrogé par lettre, a répondu à vos interrogations sur l’Hysope de Jean]. {e}


  1. Jacobus Caspar Bartholin, frère aîné de Thomas (v. note [8], lettre 357).

  2. Jean (19:28‑30) :

    « Après cela, Jésus sachant que tout était désormais achevé, afin que l’Écriture fût accomplie, dit : “ J’ai soif. ” Il y avait un récipient plein de vin aigre ; alors, ayant fixé une éponge pleine de vin aigre à une branche d’hysope, {i} ils l’approchèrent de sa bouche. Alors, lorsque Jésus eut pris le vin aigre, il dit : “ C’est achevé ” ; et inclinant la tête, il remit l’esprit. »

    1. Arbrisseau aromatique du Proche-Orient, v. note [44] du Traité de la Conservation de santé, chapitre ii.
  3. Métonymie désignant les savants signataires des lettres qui suivent et commentent la Dissertatio de Thomas Bartholin.

  4. La troisième lettre de Saumaise est suivie des correspondances de Bartholin avec Jan van Beverwijk, Adolf Vorst et Hieronymus Bardi (1603-1667, théologien, philosophe et médecin italien).

  5. Saumaise n’était pas satisfait par la réponse (exégétique et botanique) que Vorst avait écrite (de Leyde, le 4 novembre 1646, pages 545‑552) à Bartholin sur l’hysope présentée au Christ agonisant (que l’Évangile de Jean est le seul des quatre à avoir mentionné). La dernière et tardive réaction de Saumaise expliquait le retard dans la parution de la Dissertatio de Bartholin.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Samuel Sorbière, le 15 octobre 1646, note 5.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9092&cln=5

(Consulté le 16/06/2024)

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