À Gilles Ménage, le 20 juillet 1651
Note [40]

« ils terrifient le peuple avec leurs menaces ».

Le Prologus in Plauti comœdiam Menæchmos [Prologue aux Ménechmes de Plaute (v. note [9], lettre 75)] d’Ange Politien (v. note [7], lettre 855) se trouve aux pages 95-96 de ses Opera omnia [Œuvres complètes] (Bâle, Nicolas Episcopius junior, 1553, in‑6o) ; il est composé de 48 vers, dont l’avant-dernière strophe s’attaque aux moines :

Sed qui nos damnant, histriones sunt maxumi.
Nam Curios simulant, vivunt bacchanalia.
Hi sunt præcipue, quidam clamosi, leves,
Cucullati, lignipedes, cincti funibus,
Superciliosum, incurvicervicum pecus.
Qui quod ab aliis et habitu et cultu dissentiunt,
Tristesque vultu vendunt sanctimonias,
Censuram sibi quandam, et tyrannidem occupant.
Pavidamque plebem territant minaciis
.

[Mais ceux qui nous {a} blâment sont de parfaits bouffons. Ils feignent d’être des Curius, {b} mais mènent une vie de débauche. Ce sont surtout des braillards, inconsistants, encapuchonnés, portant galoches, ceinturés de cordes ; un troupeau renfrogné qui va la tête courbée. Comme ils se distinguent des autres par l’habit et la manière de faire, sinistres de mine, ils vendent des indulgences, ils s’arrogent le droit de censurer et de tyranniser, et ils terrifient le peuple avec leurs menaces].


  1. Nous les poètes.

  2. Marcus Curius Dentatus est un consul romain du iiie s. av. J.‑C. tenu pour un parangon de frugalité et de désintéressement. Qui Curios simulant et Bacchanalia vivunt est un vers de Juvénal (Satire ii, vers 3) que Rabelais a aussi repris dans son Pantagruel (livre ii, chapitre xxxiv).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Gilles Ménage, le 20 juillet 1651. Note 40

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(Consulté le 20.09.2019)

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