À Charles Spon, les 21 et 22 novembre 1652
Note [43]

« à Me Guy Patin, natif de Beauvaisis, homme très savant et très réfléchi, docteur en médecine de Paris et doyen de sa très salubre Faculté, musagète et mécène qui vénère profondément la santé et l’observance des règles » (v. note [38], lettre 224, pour l’épître dédicatoire du Sennertus de 1650).

Un dieu de l’Olympe, Apollon (v. note [8], lettre 997), et un héros, Hercule (v. note [3], lettre de Reiner von Neuhaus, le 21 octobre 1663), partageaient l’épithète de musagète (conducteur des Muses). Dans l’édition des Opera de Daniel Sennert (1654-1656, v. note [33], lettre 285) qui se préparait alors à Lyon, cette dédicace (écrite par Charles Spon, mais signée par Jean-Antoine Huguetan et Marc-Antoine Ravaud) se lit avec simplement un ajout (après Decano) : necnon Rei Anatomicæ, Botanicæ, et Pharmaceuticæ Professori regio [et aussi professeur royal de matière anatomique, botanique et pharmaceutique] (charge acquise par Guy Patin en octobre 1654).

Tant de méticuleuse vanité s’accorde mal avec ce qu’on lit dans L’Esprit de Guy Patin (pages 112‑113) :

« Voici une des meilleures épîtres dédicatoires que l’on puisse adresser à un prince, qui a bien d’autres choses à faire que de lire un panégyrique trop étendu : c’est Horace qui parle à Auguste,

Quum tot sustineas et tanta negotia solus,
Res Italas armis tuteris, moribus ornes,
Legibus emendes, in publica commoda peccem,
Si longo sermone morer tua tempora, Cæsar
. {a}

Un auteur ne se croit pas responsable du temps qu’il fait employer dans la lecture de louanges insipides. Je voudrais qu’on supprimât cet usage aussi bien que celui des mauvaises harangues. Ceux qui les font perdent un temps considérable et en font aussi perdre beaucoup à ceux qui les écoutent. »


  1. « Comme vous soutenez seul tout le poids de tant d’affaires, que vous défendez cet empire par vos armes, que vous l’embellissez par le bon exemple de vos mœurs et que vous le réformez par vos lois, je ferais un tort considérable au public si j’occupais par un long discours des moments qui lui sont infiniment précieux » (Horace, Épîtres, livre ii, lettre 1, vers 1‑4).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, les 21 et 22 novembre 1652. Note 43

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(Consulté le 10.04.2020)

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