À Charles Spon, le 24 septembre 1649
Note [5]

« Ce que Christ [l’Église] ne prend, le fisc l’attrape » est le titre de l’Emblème cxlvii d’Alciat (v. note [19], lettre 229) :

« Le prince avare et fort tenant
Serre l’éponge maintenant,
Qu’il avait de main allongée
Dedans l’eau largement plongée.
Car il avance les preneurs,
Et les plus grands entrepreneurs,
Puis il les punit et confisque
Tout cela, dont par leur pratique
Ils s’étaient démesurément
Voulu enfler iniquement. »

Ce dizain est assorti de l’argument suivant (Les Emblèmes de André Alciat, de nouveau traduits en français par M. Claude Mignault…, Paris, Jean Richer, 1583, in‑4o, page 204) :

« Ceci est de Suétone, {a} en la vie de Flave Vespasian : cet empereur coutumièrement employait tout exprès aux grandes charges ceux qu’il connaissait être adonnés à prendre et ravir, afin qu’après qu’ils se seraient faits riches, il les condamnât tout à l’instant ; desquels à ce qu’il disait en devis commun, il usait comme d’éponges, amollissant et trempant ceux qui étaient secs, et serrant ou pressant les humides. Ainsi parle Suétone. »


  1. Vie des douze Césars, livre x, chapitre xvi.

V. note [43], lettre 176, pour les ravages des Weimariens d’Erlach dans le Nord-Est de la France.

Montglat (Mémoires, pages 214‑215) :

« Le comte d’Harcourt se campa dans le marais d’Arleux, et l’archiduc à Mortagne, {a} où la Scarpe tombe dans l’Escaut, pour défendre les environs de Tournai ; mais le comte d’Harcourt ne voulait pas aller si avant et avait dessein de se saisir de Condé, petite ville où la Haine se joint à l’Escaut, afin de piller tout le pays qui est au delà. Pour ce sujet, il envoya Villequier et sous lui, le comte de Quincé et Le Plessis-Bellièvre, pour l’investir ; et y étant arrivé ensuite, il battit tellement les murailles de cette ville mal fortifiée qu’elle se rendit le lendemain ; puis ayant passé delà la Haine, il mit tout le pays entre l’Escaut et le Dender {b} au pillage. Ayant demeuré dans ce poste jusqu’au 21 septembre, ne jugeant pas Condé en état d’être conservée durant l’hiver, il l’abandonna et se retira vers la France, près de l’abbaye de Maroilles ; et l’archiduc l’ayant appris, détacha le marquis Sfondrato pour attaquer La Motte-aux-Bois, {c} qu’il battit si vivement que le 10e d’octobre il en fut maître. Le comte d’Harcourt marcha pour le secourir ; mais étant arrivé à Arras, il en sut la prise et perdit les régiments de Fabri, de Grandprè et Bumbach, qui furent défaits dans un parti qu’il avait envoyé à la guerre. Il mit là ses troupes en quartier d’hiver. »


  1. À mi-chemin entre Tournai et Saint-Amand-les-Eaux.

  2. La Dendre.

  3. Aujourd’hui Morbecque.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 24 septembre 1649. Note 5

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(Consulté le 24.11.2020)

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