À André Falconet, le 15 avril 1667, note 5.
Note [5]

Guy Patin a parlé de Pierre Girardet, docteur régent de la Faculté de médecine de Paris mort en 1631 (v. note [11], lettre 8) ; cet autre Girardet pouvait lui être apparenté, mais n’était pas docteur de Paris.

Ce cas de jumeaux conjoints (siamois) {a} semble être celui que décrit la lettre lxxi (pages 263‑264) dans le tome v de la Suite de l’Espion des cours des princes chrétiens, par Giovanni Paolo Marana. {b} Elle est adressée à « Cara Hali, médecin du Seigneur à Constantinople », sans lieu, en 1667 :

« Une femme vient d’accoucher à Weerted, près d’Ardembourg dans les Pays-Bas, {c} d’un enfant monstrueux qui at deux têtes, deux cous, quatre bras, et toutes les parties du corps, extérieures et intérieures, doubles jusqu’au nombril, qui est ce semble le centre de l’union des deux corps, car, du nombril en bas, il ne paraît que la proportion et la figure d’un corps avec deux cuisses, deux jambes et deux pieds. Les deux visages étaient différents : l’un crasseux {d} et irrégulier, sans nez ou sans bouche, à moins que d’appeler bouche une espèce d’ouverture qui est au-dessous du menton, car les yeux sont où devrait être la bouche, et un testicule d’homme, auquel il ne manque rien, occupe l’endroit où le nez a accoutumé d’être ; l’autre, beau et régulier, n’ayant rien d’extraordinaire que deux dents qui avancent hors des gencives.

Cette irrégulière production a été disséquée avec soin par un fameux anatomiste qui a trouvé deux cœurs, deux estomacs, et les autres parties nobles simples à l’ordinaire. Ce que je viens de dire est attesté par cinq médecins de profession qui ont fait l’ouverture de ce monstre. »


  1. V. note [4], lettre latine 112.

  2. Cologne, 1699, v. note [17] du Faux Patiniana II‑4.

  3. Aerdenburg, en Zélande, est aujourd’hui rattachée à la commune de L’Écluse (Sluis), à l’extrémité occidentale de la frontière entre les Pays-Bas et la Belgique.

  4. Grossier.

  5. Ce qu’en écrit Patin ne suggère pas qu’il ait été lui-même l’un de ces médecins, bien qu’il fût professeur d’anatomie au Collège de France. Je n’ai pas trouvé de relation médicale portant sur cette observation car le phénomène avait déjà fait l’objet de diverses publications. On se contentait apparemment d’exhiber la dépouille de ce pauvre fœtus dans les villes d’Europe, où les curieux venaient se repaître de sa contemplation.

V. note [2], lettre 881, pour la charge de lieutenant civil du Châtelet de Paris qui avait été divisée en deux à la mort de Simon Dreux d’Aubray en septembre 1666. Gabriel-Nicolas de La Reynie (1625-1709), maître des requêtes, acheta à Antoine, fils du défunt lieutenant, pour 250 000 livres, la part qui avait été intitulée, par édit enregistré au Parlement le 15 mars 1667, « lieutenance du prévôt pour la partie de police » et qui devint « lieutenance générale de police » en 1674. La Reynie est demeuré célèbre pour le zèle intransigeant qu’il a déployé à remettre de l’ordre dans Paris, suivant le désir du roi.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 15 avril 1667, note 5.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0907&cln=5

(Consulté le 27/05/2024)

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