À Johann Georg Volckamer, le 1er août 1664
Note [6]

Dans son Œconomia Hippocratis [Lexique hippocratique, v. note [23], lettre 7], Anuce Foës définit ainsi le mot απεμπολησις (édition de Francfort, 1588, page 71) :

est nundinatio et venditio. […] Lib. Περι ευσχημοσυνης (pagina 15.34) αναγκαιων καθαρσιων απεμπολησις quibusdam sumitur, ut sit nundinatio ac venditio medicamentorum ad purgandum necessariorum, cuius cognitionem Medico necessariam esse velit. Interpretes tamen aliter απεμπολησιν sumunt. Cornarius alienitatem a mercimoniis dixit. Zuinggerus fugam mercimoniorum, ut turpem lucri quæstum, aut lucri cupiditatem Medico devitandam indicet Hippocrates, et ægrorum nundinationem. Calvus certe απεμπολησιν pro reiectione et aversatione cepit, et ακαθαρσιων aut ακαθαρσιης απεμπολησιν legit, cum non puræ et castæ rei aversationem dixit.

[c’est le trafic et la vente. (…). Dans le livre Περι ευσχημοσυνης (page 15.34), {a} certains comprennent αναγκαιων καθαρσιων απεμπολησις comme voulant dire « le trafic et la vente des médicaments nécessaires pour purger », dont il {b} voudrait que la connaissance soit nécessaire au médecin. Les traducteurs comprennent pourtant απεμπολησιν autrement : Cornarius {c} dit « aversion pour les marchandises » ; Zwinger {d} dit « fuite des marchandises », Hippocrate dénonçant la honteuse recherche du lucre ou le désir d’argent que le médecin doit éviter, et l’exploitation mercantile des malades ; Calvus {e} a certainement pris απεμπολησιν dans le sens de « rejet et aversion », et lit ακαθαρσιων ou ακαθαρσιης απεμπολησιν, puisqu’il dit « aversion pour ce qui n’est ni pur ni vertueux »].


  1. « De la Bienséance » ou « De la Bonne mine du médecin » : traité hippocratique qui distingue les médecins proprement dits des marchands ou des apothicaires.

  2. Hippocrate.

  3. Janus Cornarius, v. note [35], lettre 406.

  4. Theodor Zwinger, v. note [34], lettre 297

  5. Marcus Fabius Calvus, v. note [5], lettre latine 91.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Johann Georg Volckamer, le 1er août 1664. Note 6

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(Consulté le 22.01.2021)

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