Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 1
Note [68]

« il a beaucoup écrit »

Adrien Baillet (v. note [35], lettre 345), dans ses Jugements des savants sur les principaux ouvrages des auteurs (tome 5, pages 206‑207), a fourni une rare biographie française de Gaspar Simeoni, Simeone ou de Simeonibus, poète latin et italien de la première moitié du xviie s., natif « d’Aquila, au royaume de Naples, chanoine de Sainte-Marie-Majeure, secrétaire du pape Innocent x » :

« Nous avons de cet auteur un volume de poésies lyriques en latin, et un de vers italiens, sans parler d’un troisième de pièces mêlées, qui sont en l’une et l’autre langue, et des éloges des héros de son siècle.

C’était un homme de grande réputation parmi les savants de son temps, et l’on peut dire qu’il a tâché de sauver dans ses écrits les restes de la véritable poésie latine, qui semblait être bannie de l’Italie et n’avoir trouvé de véritable asile que chez les jésuites. L’exemple de Simeoni anima quelques autres particuliers, et particulièrement Fabio Chigi, dit depuis Alexandre vii, et ceux qui composèrent la pléiade latine de ce pape, à la remettre dans son ancienne vigueur ; et comme il s’était rendu extrêmement aimable à toutes sortes de personnes, il n’eut aucune peine à faire passer cette qualité dans la poésie qu’il avait embrassée.

Leo Allatius dit que ses vers ont de la force, du nombre et de l’harmonie, de la douceur et des beautés qui ne peuvent être insensibles qu’à des bûches et à des pierres. » {a}


  1. Leo Allatius (v. supra note [1]) parle de Simeoni dans deux articles de ses Apes urbanæ, sive de viris illustribus, qui ab anno mdcxxx. per totum mdcxxxii. Romæ adfuerunt, ac typis aliquid evulgarunt [Abeilles citadines, ou les brillants hommes qui ont vécu à Rome et y ont publié quelque livre depuis 1630 jusqu’à la fin de 1632] (Rome, Ludovicus Grignanus, 1633, in‑8o).

    • Le propos rapporté par Baillet est dans l’article sur Gabriel Naudé (pages 114‑118). Ce sont les mots d’Allatius pour introduire une lettre que Simeoni lui a écrite à la louange de leur ami Naudé :

      Et Gaspar de Simeonibus, cuius in compingendis carminibus, et texenda oratione numeros, ornatum, et robur, præter surdos, et lapides, omnes noscunt […].

      [Et aussi Gaspar de Simeonibus, dont tous, à l’exception des sourds et des pierres, connaissent l’élégance et la force du talent à composer des vers et à tourner un discours (…)].

    • Sur Simeoni lui-même (pages 120‑125), Allatius donne une copieuse liste de ses ouvrages, mais sans indiquer ni sa date de naissance ni le nom du cardinal dont il fut le secrétaire.

La transcription du manuscrit de Vienne (page 20 des Papiers de Guy Patin, v. note [12] de l’Introduction aux ana de Guy Patin) me semble résoudre l’énigme en remplaçant le « feu cardinal J*** » par le « feu cardinal Jessé », probable déformation française de Gioiosa, nom que les Italiens donnaient au cardinal-duc de Joyeuse (mort en 1615, v. note [17], lettre 88), seul prélat de ce rang ayant eu J pour initiale de son nom aux xvie et xviie s.


Additions et remarques du P. de Vitry
(1702-1703, v. note [12] des Préfaces), pages 164‑165 :

« Gaspar de Simeonibus. On pourrait ajouter ici que cet illustre Italien, après avoir passé par plusieurs autres degrés, fut enfin nommé à l’évêché de Campagna ; {a} mais il vaut mieux renvoyer le lecteur à ce qu’en ont dit Allatius et le Toppi. {b} Au reste, il n’est pas facile de deviner quel est ce cardinal J…, dont on dit que notre Signor Gasparo avait été secrétaire : on sait seulement qu’il eut cette qualité auprès d’Alexandre vii, pour les lettres que ce pontife écrivait aux princes. »


  1. Simeoni a été nommé évêque de Campagna, dans la province de Salerne (en Campanie, v. note [4], lettre 12) en 1644, année probable de sa mort.

  2. La Biblioteca Napoletana… Opera de Dottor Niccoló Toppi Patritio di Chieti, Archivario per S.M. Cattolica nel Grande Archivio della Regia Camera della Summaria… [Bibliothèque napolitaine… Ouvrage du docteur Niccoló Toppi (1607-1681), patricien de Chieti (Abruzzes), archiviste de Sa Majesté catholique (le roi d’Espagne), aux Archives de la Chambre royale du Sommaria (Cour de justice de Naples)…] (Naples, Antonio Bulifon, 1678, in‑4o, pages 103‑104) n’ajoute à l’article d’Allatius que la titulature épiscopale de Simeoni.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Naudæana 1. Note 68

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(Consulté le 09.12.2022)

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