À Charles Spon, le 6 janvier 1654
Note [69]

Artamène ou le Grand Cyrus. Dédié à Mme de Longueville. Par M. de Scudéry, gouverneur de Notre Dame de la Garde (Paris, Augustin Courbé, 1650-1653, 10 tomes en 20 volumes in‑8o, nombreuses éditions et rééditions successives) et un roman-fleuve (le plus long jamais publié) qu’on a longtemps attribué à Georges de Scudéry seul, mais qui est le fruit d’une collaboration avec sa sœur, Madeleine (Le Havre 1607-Paris 1701) : Georges aurait écrit les scènes de bataille, tandis que Madeleine composait les scènes d’amour. Parce que l’ouvrage était dédié à la duchesse de Longueville et que Georges de Scudéry s’était compromis pour les princes pendant la Fronde, il dut quitter précipitamment Paris et s’enfuir en Normandie. Madeleine, demeurée seule, ouvrit un salon littéraire où se rencontrèrent le duc de La Rochefoucauld et Montausier, Mmes de La Fayette et de Sévigné, Mme Scarron (plus tard de Maintenon) et autres beaux esprits du temps.

Exilé à Rouen, Scudéry achevait alors Alaric ou Rome vaincue. Poème héroïque. Dédié à la sérénissime reine de Suède… (Paris, Augustin Courbé, 1654, in‑fo), dont Boileau a brocardé le premier vers (L’Art poétique, chant iii) :

« Donnez à votre ouvrage une juste étendue.
Que le début soit simple et n’ait rien d’affecté.
N’allez pas dès l’abord, sur Pégase monté,
Crier à vos lecteurs, d’une voix de tonnerre
“ Je chante le vainqueur des vainqueurs de la Terre. ”
Que produira l’auteur, après tous ces grands cris ?
La montagne en travail enfante une souris »

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 6 janvier 1654. Note 69

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(Consulté le 25.11.2020)

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