À Charles Spon, les 21 et 22 novembre 1652
Note [7]

Guy Patin parlait ici des deux fondateurs de la dynastie médicale des D’Aquin (ou Daquin).

  • Le père (Carpentras vers 1578-Paris 1650) portait le nom de Mardochée Cresque puis adopta le prénom de Philippe quand il se convertit au christianisme en 1610 à Aquino, dans le royaume de Naples ; il prit cette ville pour nom de famille, D’Aquin, et le transmit à ses descendants. Venu à Paris, il fut pensionnaire du Clergé et nommé par Louis xiii professeur d’hébreu au Collège de France.

    Il a notamment publié :

    • Explications littérales, allégoriques et morales du Tabernacle que Dieu ordonna à Moïse, des habits des prêtres et de la façon qu’on consultait le Rational en la loi ancienne, ensemble de la forme des sacrifices mosaïques ; le tout curieusement recueilli et traduit des auteurs hébreux par Phil. D’Aquin. Avec un discours du camp des Israélites, etc. (Paris, Jean Lacquehay, 1624, in‑4o, pour la 2e édition) ;

    • Dictionarium absolutissimum complectens alphabetico ordine… omnes voces hebræas, chaldæas, talmudico-rabinicas… necnon… abbreviaturas omnes Habraicorum [Dictionnaire le plus achevé contenant en ordre alphabétique… tous les mots hébreux, chaldéens, talmudico-rabiniques… ainsi que… toutes les abréviations des Hébreux] (Paris, Antoine Vitray, 1629, in‑fo) ;

    • Les Sentences et proverbes des anciens rabins (Paris, Jean Lacquehay, 1629, in‑8o).

  • Louis-Henri D’Aquin (Avignon 1602-Paris 1673), fils de Philippe, était lui aussi savant en hébreu et en langues orientales. Il avait été attaché au service de la reine Marie de Médicis, puis nommé médecin du roi en 1644. En 1650, il figurait parmi les quatre spagiriques (chimistes) de Louis xiv, avec les médecins Antoine Vallot et Pierre Yvelin, et le pharmacien Tobie Bloire (v. note [35] des Décrets et assemblées de 1651‑1652 dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris). D’Aquin obtint en 1657 la charge de médecin par quartier de Louis xiv, avec survivance pour son fils Antoine (v. note [4], lettre 666). Il avait épousé Claire Loppès, fille d’un secrétaire du roi de Portugal.

    Dans sa jeunesse, Louis-Henri a traduit en latin les Sentences et proverbes… de son père (Paris, Sébastien Cramoisy, 1620, in‑16o), le Commentaire de Salomon Ben Isaac sur le livre d’Esther (Paris, Thomas Blaise, 1622, in‑4o), le Commentaire de Lévi Ben Gerson sur Job (ibid. 1623, in‑4o) ; mais il n’a pas laissé d’ouvrage médical.

    Guy Patin et Charles Spon, qui ont beaucoup parlé de lui dans leurs lettres en 1657 quand il alla soigner Madame Royale à Turin, doutaient qu’il eût jamais reçu le bonnet doctoral ; Dulieu ne l’a pas inscrit dans sa liste des docteurs en médecine de Montpellier au xviie s.

    V. note [4], lettre 666, pour Antoine, fils de Louis-Henri.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, les 21 et 22 novembre 1652. Note 7

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(Consulté le 08.08.2020)

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