À André Falconet, le 19 juillet 1667, note 8.
Note [8]

Ce « nous » de Guy Patin peut faire penser qu’il épousait la cause janséniste, mais incite à la circonspection car il figure dans une lettre imprimée dont le manuscrit a disparu.

Patin a volontiers marqué de la compassion pour ceux de Port-Royal, et même de l’amitié (v. note [16], lettre latine 224), mais sans jamais dire ouvertement qu’il se considérait comme l’un des leurs. Patin janséniste ? Ses commentateurs se sont peu hasardés sur ce sentier-là. Son gallicanisme, son opposition acharnée à Rome, aux moines et aux jésuites, et même ses penchants calvinistes le rapprochaient pourtant plus du jansénisme que de toute autre forme du catholicisme (dévots, jésuites). Dans ses lettres, il n’a jamais médit de Port-Royal. Il ne semble pas extravagant de dire que Patin était janséniste de cœur, sinon d’âme, à mille lieues en tout cas de l’idée qu’il fût jamais un libertin athée (v. note [38], lettre 477).

Quoi qu’il en fût, le jansénisme n’était certainement pas étranger à la famille Patin. Dans une lettre datée de Strasbourg le 5 mars 1671, Charles Patin, alors en exil, faisait cette confidence à son ami Jacob Spon (Moreau, lettre 36) :

« Ma grande fille {a} est au monastère de Port-Royal-des-Champs, n’en parlez à personne, faites comme si vous n’en saviez rien ; […] ainsi je n’en suis pas en colère, je voudrais que Brion y fût pour six mois, car elle est obstinée du reste et elle s’en corrigerait là. »


  1. Gabrielle-Charlotte, surnommée Brion, était alors âgée de sept ou huit ans (v. note [165] des Déboires de Carolus). Sa sœur cadette, Charlotte-Catherine, la rejoignit un peu plus tard à Port-Royal. Elles en furent toutes deux expulsées, avec toutes leurs camarades, en 1679, et retrouvèrent leurs parents à Turin.

Tout cela a valu à Guy Patin et à ses deux petites-filles leurs entrées dans le Dictionnaire de Port-Royal.

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 19 juillet 1667, note 8.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0917&cln=8

(Consulté le 14/04/2024)

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