Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 7 manuscrit, note 8.
Note [8]

Ce sont les titres latins de deux dialogues du rhéteur satirique grec Lucien (Lucian) de Samosate, {a} dont Nicolas Perrot d’Anblancourt a traduit les œuvres en français, {b}

  • « Jupiter confondu », Ζευς ελεγχομενος (Zeus élegquoménos) est un échange entre un cynique et Jupiter. avec cette introduction de Perrot (tome 2, page 88) :

    « L’auteur soutient en ce dialogue que le culte des dieux est inutile, parce qu’ils ne sauraient changer l’ordre des Parques, {c} qui est ce qu’on nomme le Destin. Mais quoique cette doctrine soit impie, elle n’a aucune force contre les chrétiens, qui n’attachent pas Dieu au Destin, mais le Destin à Dieu, et croient que ce n’est autre chose que le décret de sa Providence. »


    1. V. note [14], lettre 41.

    2. Lucien de la traduction de N. Perrot, Sr d’Ablancourt (Paris, 1654, v. note [42], lettre 286).

    3. V. note [31], lettre 216.

  • Dans « Jupiter tragique », Ζευς τραγοιδος (Zeus tragoïdos), Lucien fait parler Jupiter, Mercure, Neptune, Junon, Vénus, le Colosse de Rhodes, Momus, Apollon, Hercule, Timoclès et Damis (ibid. tome 2, page 96) :

    « Il choque ici tout ouvertement la Providence ; mais le plus fort argument qu’il ait est tiré des désordres qu’on voit arriver dans le monde ; ce qui en a embarrassé d’autres aussi bien que lui, et de très saints personnages. Mais sans parler des peines et des récompenses éternelles, on peut dire que la sagesse de Dieu sait tirer le bien du mal, et que les afflictions de cette vie servent aux uns d’épreuve ou d’instruction, et aux autres, de châtiment ; que l’adversité contribue plus que la prospérité à former l’homme spirituel, qui est le chef d’œuvre des ouvrages de Dieu ; et que la félicité ne consiste pas dans les grandeurs et les richesses, comme s’imagine le peuple ignorant, mais dans la satisfaction de l’esprit. Du reste, on voit arriver des choses si à point nommé dans la conduite du monde, tant pour la punition des méchants que pour la justification des gens de bien, qu’on ne peut douter que ce ne soit un effet de la Providence, quoique ses ressorts nous soient souvent inconnus. »

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – Autres écrits : Ana de Guy Patin :
Borboniana 7 manuscrit, note 8.

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(Consulté le 24/04/2024)

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