À Claude II Belin, le 5 mai 1638
Note [14]

Lucien ou Lucian de Samosate (en Syrie), rhéteur grec du iie s., est auteur de nombreux récits et dialogues satiriques et sceptiques. V. les notes [8][12] du Borboniana 7 manuscrit pour un long développement sur ses idées religieuses et philosophiques, qui faisaient alors de lui un auteur « dangereux », mais fort prisé des « esprits forts » (autrement dits libertins, v. seconde notule {a}, note [1] du Faux Patiniana II‑4). Guy Patin prisait fort ses écrits et, dans sa correspondance latine, a appelé Rabelais « notre Lucien français », Lucianus noster Gallicus (lettres latines 299, 370 et 374).

Il ne s’est, au contraire, jamais privé de puiser dans le Satyricon (ou Trimalchio, nom de son principal personnage), roman licencieux dont ne subsistent que des fragments (v. notes [5], lettre 560, et [11], lettre 792). C’est le seul ouvrage attribué à Pétrone (Caius Petronius Niger, dit Arbiter, l’Arbitre du bon goût, elegantiæ arbiter). Courtisan et ami de l’empereur Néron (ier s., v. note [42], lettre 183), qui l’avait nommé consul, Pétrone a laissé une réputation de grand débauché. Impliqué dans un complot en l’an 66, il préféra le suicide au procès (v. note [6], lettre 560).

Le Satyricon est un roman volumineux (dans l’édition de Francfort, 1629, in‑4o, le texte proprement dit occupe 74 pages, v. note [83], lettre 150), mais il est incomplet : n’en sont connus que les fragments qui ont survécu au temps et au zèle des copistes. Ce qui l’expose à des additions apocryphes : v. note [11], lettre 792, pour les discussions et les doutes soulevés par les deux nouveaux chapitres publiés par Pierre Petit et par Jacques Mentel en 1664.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 5 mai 1638. Note 14

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(Consulté le 28.09.2021)

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