À André Falconet, le 12 septembre 1664
Note [11]

Pierre Petit (v. note [17], lettre 325) avait découvert dans une bibliothèque de Trau (Trogir), en Dalmatie, un manuscrit du Satyricon de Pétrone plus complet que ce qu’on connaissait jusqu’alors (v. note [5], lettre 560), bien qu’encore empli de lacunes ; il portait le titre de Petronii Arbitri Satyri fragmenta ex libro quinto decimo et sexto decimo [Fragments de la Satire de Pétrone Arbiter (l’Arbitre des élégances), extraits de livres xv et xvi]. Ce texte, contenant tout le Banquet de Trimalcion et le début des Aventures d’Encolpe, venait s’imbriquer parfaitement dans les chapitres préexistants.

Deux éditions imprimées parurent :

  • Petronii Arbitri fragmentum nuper Tragurii repertum [Le fragment de Pétrone Arbiter récemment trouvé à Trau] (Paolo Frambotti, Padoue, 1664, in‑4o) ;

  • Ανεκδοτον ex Petronii Arbitrii Satirico fragmentum, præfixo judicio de styli ratione ipsius [Fragment inédit du Satiricon de Pétrone Arbiter, avec en préface un jugement sur son style] (Edmond Martin, Paris, 1664, in‑8o), avec une préface et des commentaires de Jacques Mentel (Iacobus Mentelus, v. note [6], lettre 14), sous l’anagramme de Io. Caius Tilebomenus, et d’autres fragments que Bernardin de Vitalibus (Venise, 1499, in‑4o) et Jakob Thanner (Leipzig, 1500, in‑4o) avaient précédemment édités .

Dès leur parution, Guy Patin n’a pas caché ses doutes sur l’authenticité du manuscrit (v. sa lettre latine du 1er avril 1665 à Heinrich Meibomius). Une querelle savante s’ouvrit d’ailleurs bientôt, opposant Petit, inventeur du fragment, caché sous le pseudonyme de Marinus Stabilius, aux deux frères historiographes Adrien et Henri de Valois (v. notes [41] et [42], lettre 336), ainsi qu’à plusieurs philologues européens (v. note [1], lettre latine 459). Deux expertises eurent lieu, auprès de Grimani, ambassadeur de Venise à Rome, et auprès du Grand Condé, concluant identiquement que le manuscrit datait d’au moins deux siècles. Depuis lors, il fut communément admis, mais sans preuves décisives, que le Banquet était du même auteur que les Aventures d’Encolpe.

Un autre fragment fut découvert à Belgrade en 1688 ; il comblait toutes les lacunes persistant dans le texte, mais sa fausseté fut facilement établie sur la seule analyse linguistique (G.D.U. xixe s. et Louis De Langle).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À André Falconet, le 12 septembre 1664. Note 11

Adresse permanente : //www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0792&cln=11

(Consulté le 10.12.2019)

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