À Charles Spon, le 16 septembre 1653
Note [17]

In obitum Gabrielis Naudaei,… ad… Iacobum Mentelium, Epicedium [auctore P. Parvo] [Épicède (poème funèbre) adressé à… Jacques Mentel sur la mort de (son oncle) Gabriel Naudé… (par Pierre Petit)] (Paris, Cramoisy, 1653, in‑4o).

Au dire de Guy Patin (lettre du 9 avril 1658 à Charles Spon), Pierre Petit [Petrus Petitus, natif de Paris vers 1625 (âgé d’environ 33 ans en 1658, selon Patin) ou vers 1617 selon son épitaphe, mort dans la même ville en 1687], était fils du greffier de l’abbaye Saint-Victor et avait été reçu docteur de l’Université de médecine de Montpellier vers 1653 (non recensé par Dulieu). Désireux d’exercer librement dans la capitale, Petit prit son inscription à la Faculté de médecine de Paris et se présenta au baccalauréat de 1658 avec dix autres candidats. Il fut classé 9e des dix étudiants admis le 13 avril (v. note [41], lettre 523), rang ordinaire à Paris pour un docteur de Montpellier, quels que pussent être ses mérites. Petit arrêta là son cursus parisien : il n’apparaît ni dans la liste des thèses, ni dans celle des licenciés dressées par Baron ; la note [5], lettre 577, sur l’improbable Henri Bourgeois (Henricus Citadinus), médecin de Bourgogne, spécule sur la raison de ce désistement.

Très versé dans les lettres grecques et latines, écrivant avec beaucoup de facilité en prose et en vers, Petit se consacra dès lors aux arts libéraux. Il s’attacha à la personne de Nicolas de Nicolaï, premier président de la Chambre des comptes (v. note [3], lettre 1006), son mécène, et produisit un grand nombre d’ouvrages mêlant belles-lettres, philosophie et médecine. En philosophie, Petit se signala par son opposition au cartésianisme. Il a appartenu à l’Académie des Ricovrati de Padoue (v. note [175] des Déboires de Carolus). Patin l’estimait beaucoup et a mentionné plusieurs de ses livres dans la suite de sa correspondance. Petit a parfois usé du pseudonyme : Henricus Citadinus contre les conservateurs dogmatiques de la Faculté de médecine de Paris en 1659 (v. note [5], lettre 577) ; Hadrianus Scaurus contre René Descartes en 1665 (v. note [5], lettre 897).

Éloy relate qu’à sa mort :

« Un des amis de Pierre Petit a composé cette épitaphe que l’on devait graver sur son tombeau dans l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris ; mais ce projet ne fut pas exécuté.

D.O.M.
Adsta Viator et pellege.

In hoc vertice Parnassi Parisiensis
Eximius Poëta,
Pleadis clarissimum sydus,
Asyli Patavini ornamentum,

Petrus Petitus
Positus est
Ex adverso Renati Cartesii,
Insignis Peripateticus, Medicus, Philologus,
Sybillæ, Amazonum, Nympharum, Vatumque præco magnificus.
Scaligeris, Salmasiis, Casaubonis,
Æquiparandus.
Adeste Musæ omnes
Et Alumno carissimo
Parentale mecum et flores spargite ;
Obiit septuagenario major idib. Decemb. 1687.

Claudius Nicasius
Divionensis
Ex debito amicitiæ
. »

[À Dieu qui est très bon et très grand. Arrête-toi, passant, et lis-moi jusqu’au bout.

En ce sommet du Parnasse parisien, {a} repose Pierre Petit, remarquable poète, la plus brillante étoile de la Pléiade, {b} ornement du temple de Padoue, insigne péripatéticien {c} qui fut l’un des adversaires de René Descartes, médecin, philologue, magnifique chantre de la Sybille, des Amazones, des Nymphes, à tenir pour l’égal des Scaliger, Saumaise et Casaubon.
Muses, veillez toutes sur votre très cher émule et répandez vos fleurs sur celui qui fut mon cousin ; il mourut septuagénaire le 12 décembre 1687.

Claude Nicaise, {d} natif de Dijon, en témoignage de son amitié].


  1. L’église Saint-Étienne-du-Mont, aujourd’hui voisine du Panthéon, s’élève en haut de la Montagne Sainte-Geneviève.

  2. Héritière de la fameuse Pléiade du xviie s., les savants appelaient Pléiade de Paris « l’assemblage de sept plus habiles poètes latins de cette capitale, par allusion aux Pléiades, constellation composée de sept étoiles » (Éloy).

  3. Aristotélicien.

  4. V. note [1] du Point d’honneur médical d’Hugues de Salins (avec un lien vers la longue liste de traités inachevés que Petit a laissés en mourant).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 16 septembre 1653. Note 17

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(Consulté le 17.11.2019)

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