À Charles Spon, le 9 avril 1658
Note [41]

« de jeunes hommes instruits et bien nés ».

Les neuf bacheliers reçus le samedi 13 avril 1658 (Comment. F.M.P., tome xiv, fo 343) étaient, par ordre de mérite décroissant : Denis Puilon (natif de Paris, fils de Gilbert, v. note [30], lettre 399), Denis Dodart (Paris), Antoine Ruffin (Paris), Jean Groult (Coutance), Pierre Pourret (Provence), Antoine de Caen (Paris), Nicolas Gervaise (Paris), Pierre Petit (Paris), et Charles de Laval (Paris) ; le dénommé Le Maistre n’a pas été admis.

Ce dernier pouvait être apparenté aux médecins Rodolphe et Paul Le Maistre, dont Guy Patin a parlé dans sa lettre à Charles Spon datée du 1er octobre 1666 (v. sa note [2]). Dans son historiette sur Pierre Costar {a} (tome ii, pages 292‑293), Tallemant des Réaux parle aussi d’un Le Maistre, qu’Antoine Adam dit s’être prénommé Antoine, et avoir été avocat :

« La première chose qu’il fit, ce fut un sermon qu’il montrait à tout le monde. Un jour il le lut à M. Le Maistre, à M. Patru et à M. d’Ablancourt. {b} Il y avait une comparaison d’un vent coulis qui se glisse entre deux montagnes : cela donnait une assez vilaine idée. {c} Le Maistre était derrière lui, et lui tirait la langue d’un pied de long. Costar disait : “ Il y a eu de sottes gens à la Province {d} qui n’ont pas trouvé que cela fût bien. ” Ils disaient que cela sentait la vesse. Les auditeurs, qui mouraient d’envie de rire de cette grotesque et de plusieurs autres, prenant prétexte de rire des provinciaux, se mirent à rire de lui-même. »


  1. V. note [5], lettre 323.

  2. V. notes [5], lettre 597, pour Olivier Patru, et [3], lettre 203, pour Nicolas Perrot d’Ablancourt.

  3. Tallemant a biffé : « Il y avait un endroit de la fragilité de l’homme ; et après avoir fait un grand dénombrement des maladies auxquelles sil était sujet, il disait qu’un vent coulis suffisait pour le tuer. Cela donnait une assez vilaine idée, car on dit souvent “ D’un pet je le mettrais à bas ”. »

  4. Costar était chanoine de la cathédrale du Mans.

Ce patronyme fort courant mène à de distrayantes lectures, mais ne facilite pas les solides identifications : Dulieu a recensé un Guillaume Le Maistre reçu docteur en 1671, après deux années d’études à l’Université de médecine de Montpellier.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 9 avril 1658. Note 41

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=0523&cln=41

(Consulté le 27.01.2023)

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