De Samuel Sorbière, non datée (début 1651), note 9.
Note [9]

René Descartes a le premier donné le nom de pinéale à la glande conaire (conoïde, pinéale ou épiphyse cérébrale), {a} « qui est vers le troisième ventricule du cerveau, parce qu’elle ressemble fort bien à une pomme de pin ; {b} et il y établit le siège de l’âme raisonnable » (Furetière).


  1. Épiphyse est une racine grecque signifiant « excroissance », qui sert aussi à désigner d’autres saillies anatomiques, notamment osseuses.

  2. Pinea en latin.

Les Passions de l’âme (Paris, 1649, et Amsterdam, 1650, v. note [20], lettre 248) ne contiennent aucune illustration. Sans que je sois capable d’en donner sûrement la date de première impression (probablement en 1633), il existe une parfaite reproduction de la glande conaire (page 63, repère H de la figure 48) dans L’Homme de Descartes (Paris, 1664, v. note [2], lettre 774).

Trois principaux articles des Passions de l’âme (première partie, Des passions en général et par occasion, de toute la nature de l’homme) sont consacrés à la glande.

  • Dans le no xxxi (pages 45‑46), Qu’il y a une petite glande dans le cerveau en laquelle l’âme exerce ses fonctions, plus particulièrement que dans les autres parties, Decartes décrit les fonctions qu’il lui imagine :

    « Il me semble avoir évidemment reconnu que la partie du corps en laquelle l’âme exerce immédiatement ses fonctions n’est nullement le cœur, ni aussi tout le cerveau, mais seulement la plus intérieure de ses parties, qui est une certaine glande fort petite, située dans le milieu de sa substance, et tellement suspendue au-dessus du conduit par lequel les esprits de ses cavités antérieures {a} ont communication avec ceux de la postérieure ; {b} que les moindres mouvements qui sont en elle peuvent beaucoup pour changer le cours de ces esprits ; et réciproquement, que les moindres changements qui arrivent au cours des esprits peuvent beaucoup pour changer les mouvements de cette glande. »


    1. Les deux ventricules latéraux et le troisième ventricule du cerveau.

    2. Le quatrième ventricule.

  • Le no xxxii (pages 46‑48) est intitulé Comment on connaît que cette glande est le principal siège de l’âme.

  • Le no xxxv (pages 51‑52) est intitulé Exemple de la façon que les impressions des objets s’unissent en la glande qui est au milieu du cerveau.

Dans la physiologie moderne, l’épiphyse humaine produit la mélatonine, qui règle (entre autres fonctions) le rythme alterné (jour-nuit) de la production hormonale de l’hypophyse (glande pituitaire, v. note [15], lettre 260).

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Correspondance complète de Guy Patin et autres écrits, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – De Samuel Sorbière, non datée (début 1651), note 9.

Adresse permanente : https://www.biusante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=9001&cln=9

(Consulté le 03/03/2024)

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