L. 37.  >
À Claude II Belin,
le 3 janvier 1638

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Monsieur, [a][1]

Je vous remercie bien humblement de la vôtre, comme aussi du pâté [2] que vous nous avez envoyé. Je suis honteux que nous fassiez tant de présents, vu que je n’ai aucune occasion de deçà pour m’en revancher ; mais je vois bien aussi que par ci-devant il y a eu quelqu’une de mes lettres qui vous a échappé et ne vous a pas été rendue, par laquelle je vous priais de ne m’envoyer jamais de pâté ni autre chose quelconque, vu que, outre que je suis tout à fait indigne de vos présents, les présents mêmes, et particulièrement entre amis, sont importuns et suspects. J’en ai dit davantage dans ma lettre autrefois, laquelle je crois avoir été perdue : ces présents-là vous incommodent, et moi, qui n’en mange jamais, suis obligé de les donner à des gens qui ne le méritent pas toujours ; et outre la prière de jadis, je vous la réitère, et vous en prie bien humblement. Je suis tout honteux et confus en moi-même quand je pense et repasse par mon esprit toutes les obligations que je vous ai et tous les bienfaits que j’ai reçus de vous en diverses occasions, combien que je n’en aie jamais mérité la moindre partie. Vous me ferez donc la faveur de vous en souvenir ; et pour les petits services que je vous pourrai rendre de deçà, si tant est que je sois assez heureux de vous en pouvoir rendre quelques-uns, vous m’obligerez de me conserver en vos bonnes grâces. Quant à M. Le Bé, [3] je n’ai pu avoir le bonheur de le rencontrer. [1] Le petit Sorel [4] m’a dit qu’il s’était chargé des livres et des papiers que je vous renvoyais. Utinam procul a vobis fuget Loyolitas[2][5] M. de Fresne-Canaye [6] les a accommodés comme il faut. J’ai tout lu son troisième tome, où ils sont dépeints naïvement : [3] je m’en rapporte aux pages 17, 19, 34, 35, 66, 79, 82, 85, 86, 119, 143, 154, 177, 186, 405, 406 ; Ordre entrant et pénétrant comme celui-là, pag. 413, 443. [4][7] Le P. Caussin [8] a perdu sa place pour avoir imprudemment entretenu le roi [9] de la protection qu’il donne aux protestants, et de la reine mère. [5][10] Le cardinal [11] dit que c’était un fin moine et qui, en ses entretiens particuliers avec le roi, ne débattait de rien moins que des Hollandais, des Suédois et de la reine mère. [6] On a mis à sa place un P. Sirmond, [7][12] Auvergnat, qui sera plus fin que lui, que l’on a envoyé à Rennes, [8][13] où il aura loisir de corriger les sottises et les fautes qu’il a faites en sa Cour sainte, et principalement au troisième tome. Ce P. Sirmond est un très savant homme, mais néanmoins jésuite. C’est lui-même dont parle le cardinal d’Ossat [9][14] au fait de Marthe Brossier, [10][15][16][17] l’an 1599 et 1600. [11] Il n’y a ici rien de nouveau. Toute la cour est à Saint-Germain. [18] Je vous donne le bon jour et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur.

Patin.

De Paris, ce 3e de janvier 1638.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Claude II Belin, le 3 janvier 1638

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(Consulté le 14.10.2019)