L. 493.  >
À Charles Spon,
le 25 septembre 1657

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Monsieur, [a][1]

Ce 22e de septembre. Je donnai hier après souper une petite lettre à Mlle Spon [2] pour enfermer avec la sienne, dans laquelle j’en mis une petite pour notre bon ami M. Gras. Depuis ce temps-là, on dit ici que notre armée est devant Mardyck [3] et que dès qu’il sera pris nous assiégerons Dunkerque [4] par terre, comme les Anglais par mer. On dit que l’élection de l’empereur [5] est remise en un autre temps et qu’elle se fera dans Ratisbonne, [6] et non pas à Francfort. [7] Nous avons ici un nouveau procureur du roi au Châtelet nommé M. de Riant de Villeray, [8] qui par ci-devant était conseiller en la première des Enquêtes. Monsieur son père [9] était un maître des requêtes que j’ai connu, [1] et ai dîné quelquefois avec lui aux Chartreux, [10] l’an 1636, lorsque Madame sa mère vivait encore, laquelle s’appelait Madeleine Fernel. [11] Elle était la deuxième fille de notre grand homme Jean Fernel, [12] laquelle est morte âgée de 94 ans, l’an 1642, après avoir été 45 ans veuve de défunt Gilles de Riant, [13] sieur de Villeray-au-Perche, [14] et président au mortier, lequel mourut ici l’an 1597 et était fils d’un autre président au mortier nommé Denis de Riant, [15] qui mourut l’an 1556. [2] Cette charge de procureur du roi au Châtelet vaut plus de 20 000 livres de rente, aussi coûte-t-elle plus de 100 000 écus[3] On dit que le roi [16] est à Metz [17] où l’on a mandé M. le maréchal de La Ferté-Senneterre [18] qui n’y veut pas aller.

M. Tubeuf, [19] intendant de la Maison de la reine et par ci-devant intendant des finances, a envoyé son fils unique [20] à Francfort avec nos ambassadeurs pour y voir la cérémonie de l’élection de l’empereur. [4] Ce fils unique, allant à la chasse, est chu de son cheval et est fort blessé ; de là vient une grande affliction à la maison, laquelle crève de richesses. Enfin, il n’y a rien de si certain que la mort de Girardin : [21] on a apporté son testament dans lequel il donne à l’Hôpital général [22] 6 000 livres et fait aussi quelques restitutions à quelques veuves, entre autres à celle de M. Manis qu’il avait aidé à ruiner.

M. Bidal, [23] riche marchand de soie et qui jadis était le caissier de la reine de Suède, [24] m’a dit aujourd’hui qu’elle lui a écrit de Nevers [25] et l’a prié de trouver bon qu’elle vienne loger pour quelque temps en sa belle maison qu’il a à Vanves, [26] village près du Bourg-la-Reine, [27] dont il n’est guère aise. Il m’a dit aussi que le roi est à Metz et qu’il veut ôter le gouvernement de Nancy [28] au maréchal de La Ferté-Senneterre, et qu’après cela fait, il retournera en deçà. Je vous baise les mains et suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur,

Guy Patin.

De Paris, ce mardi 25e de septembre 1657.


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× Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 25 septembre 1657

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(Consulté le 22.01.2020)