À Charles Spon, le 28 octobre 1663
Note [1]

« par crainte des juifs [jésuites, v. note [22], lettre 752]. »

Le Manuale Catholicum hodiernis controversis amice componendis maxime necessarium ex Scriptura Sacra, Conciliis, S.S. Patribus et Summis Pontificibus contextum [Manuel des catholiques, extrêmement nécessaire pour les controverses d’aujourd’hui qu’il faut amicalement terminer ; composé à partir de l’Écriture Sainte, des conciles, des Saints Pères de l’Église et des souverains pontifes] (Charitopolis, 1663, in‑12o) est un ouvrage contre les jésuites, écrit sous couvert de l’anonymat par le R.P. Jean Courtot. On le trouve aussi sous le titre d’Encheiridium catholicorum… De superiorum Consensu omniumque orthodoxorum approbatione. Auctore Aletophilo Charitopolitano Congr. de fide propag. Secunda editio multo locupletior [Manuel des catholiques… Sur l’Accord des supérieurs et l’approbation de tous les orthodoxes. Par l’Aléthophile de Charitopolis, de la Congrégation pour la propagation de la foi. Seconde édition fort enrichie] (Reims, 1663, in‑8o).

Jean Courtot (Langres vers 1611-1666) était entré dans l’Ordre de l’Oratoire en 1632, où il s’était bientôt fait remarquer par son esprit rétif et bouillant, et par ses attaques contre les jésuites. Le P. François Bourgoing, général de l’Oratoire, l’avait fait exclure en 1648 pour son zèle passionné en faveur des idées de Port-Royal. Ayant fait appel de la sentence, Courtot avait été réintégré, mais ne s’étant en rien amendé, il fut déclaré « incorrigible et scandaleux » et définitivement exclu en novembre 1649, ce qui fut confirmé en 1654. Son emportement obstiné le fit peu à peu rejeter par Port-Royal. Son Manuale Catholicum, édité pour la première fois en 1651, fut brûlé par la main du bourreau le 4 janvier 1664 et l’auteur comme l’imprimeur « condamnés à être pris au corps si appréhendés peuvent être ; sinon assignés à trois briefs jours et leurs biens saisis ». Le bouillant Courtot confirma sa véhémente opposition à la Paix de l’Église sans parvenir à la compromettre. Dans le même registre que son Manuale Catholicum, il a aussi publié en 1663, sous le pseudonyme de Jean Cordier La Calomnie confondue par la démonstration de la vérité et de l’innocence opprimée depuis longtemps par la faction des jésuites et de leurs adhérents, pour servir d’une brève et générale justification de la personne et de la doctrine de feu Mgr l’évêque d’Ypres, Jansenius… (sans lieu, ni nom, ni date) (G.D.U. xixe s. et Dictionnaire de Port-Royal, pages 309‑310).

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 28 octobre 1663. Note 1

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(Consulté le 18.09.2019)

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