À Charles Spon, le 20 mars 1649
Note [100]

« Monseigneur le pape Innocent x » (italien), Giambattista Pamfili. On retrouve cette allusion dans la Lettre d’un religieux… (v. supra note [40]) et plus explicitement encore, dans la Mazarinade (mars 1651), pamphlet attribué à Paul Scarron et qui a donné son nom au genre (v. note [29], lettre 642), où, entre autres avanies et menaces, Mazarin est accusé d’avoir tué un neveu du pape :

« Rejeton de feu Concini,
Pour tout dire Mazzarini,
Ta carcasse désentraillée
Par la canaille tiraillée
Ensanglantera le pavé ;
Ton Priape haut élevé
À la perche sur une gaule
Dans la capitale de la Gaule
Sera le jouet des laquais.
[…] Sergent à verge {a} de Sodome ;
Exploitant par tout le royaume,
Bougre bougrant, bougre bougré,
Et bougre au suprême degré,

Bougre au poil et bougre à la plume,
Bougre en grand et petit volume,
Bougre sodomisant l’État
Et bougre du plus haut carat,
[…] Bougre à chèvres, bougre à garçons,
Bougre de toutes les façons,
[…] Homme aux femmes et femme aux hommes
[…] Va rendre compte […]
D’avoir, courtier de Priape,
Supprimé le neveu du pape
Pour plaire à ce beau cardinal
À qui tu servais d’urinal. »


  1. Allusion grivoise à la baguette des sergents de justice (v. note [140] des Déboires de Carolus).

Giulio Cesare Sacchetti (v. note [29], lettre 395), protecteur de Mazarin à ses débuts, était sans doute « ce beau cardinal » visé par les deux derniers vers. La haine de Mazarin contre Innocent x était insigne (v. note [4], lettre 112), mais il y avait loin de là à l’accuser d’avoir supprimé un de ses neveux.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 20 mars 1649. Note 100

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(Consulté le 14.07.2020)

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