À Charles Spon, le 17 novembre 1662
Note [11]

Familiæ Romanæ in antiquis numismatibus ab Urbe condita, ad tempora divi Augusti. Ex bibliotheca Fulvii Ursini. Cum adiunctis Antonii Augustini, Episc. Ilerdensis. Carolus Patin, Doctor Medicus Parisiensis, restituit, recognovit, auxit [Les Familles romaines dans les médailles antiques, depuis la fondation de Rome jusqu’à l’époque du divin Auguste. Tiré de la bibliothèque de Fulvio Orsini. Avec les annexes d’Antonius Augustinus, évêque de Lérida. Charles Patin, docteur en médecine de Paris, les a restitués, revus et augmentés] (Paris, Jean Du Bray, Pierre Varriquet et Robert Ninville, 1663, in‑fo ; Gallica). Le privilège du roi est daté du 7 février 1662. Achevé d’imprimer pour la première fois le 7 septembre 1662, ce somptueux in‑fo avait été « registré sur le livre de la communauté des libraires et imprimeurs » de Paris le 6 mai précédent. Le CCFr signale des éditions contrefaites (sans nom, ni lieu, mais probablement en Hollande).

L’édition originale de cet ouvrage de Fulvio Orsini (Rome 1529-ibid. 1600), philologue et antiquaire italien, bibliothécaire des Farnèse, porte le titre de Familiæ Romanæ quæ reperiuntur in antiquis numismatibus ab Urbe condita ad tempora Divi Augusti… [Les Familles romaines qui se trouvent dans les médailles antiques depuis la fondation de Rome jusqu’à l’époque du divin Auguste…] (Rome, 1577, héritiers de Francisco Tramezini, 1577, in‑6o).

Après une épître dédicatoire à Louis xiv, précédée de son majestueux portrait dessiné par N. Mignard et gravé par P. van Schuppen en 1662, on trouve le portrait de Charles Patin (Carolus Patin, Doctor Medicus Parisiensis, æt 29, 1662 [Charles Patin, docteur en médecine de Paris, âgé de 29 ans, 1662]) imprimé et gravé par Le Fébure, avec ces vers de François Ogier, le prieur (v. note [5], lettre 217) :

In effigiem Caroli Patin, operibus Fulvii Ursini a se editis et auctis præfixam.
Ursini et faciem, Lector, si forte requiris,
Desine Pictoris sollicitare manum.
Persimilem Ursino se præstitit ecce Patinus,
Utrumvis videas, semper utrumque vides
.

[Sur le portrait de Charles Patin, mis en tête des œuvres de Fulvius Ursinus qu’il a éditées et augmentées.
Cesse, lecteur, si d’aventure tu le réclames, de presser la main du peintre pour un portrait d’Ursinus. Voici Patin qui s’est montré tout à fait semblable à Ursinus : que tu voies l’un ou l’autre, tu les vois tous deux].

Vient ensuite une préface latine de Louis-Henri de Loménie, comte de Brienne (dont Guy Patin a parlé dans sa lettre à André Falconet datée du 29 janvier 1664, v. note [6], lettre 766). Elle se termine sur ces mots :

Interim victura feretur Patino gloria, qui Ursini labores suis demersit, non aliter quam bicornis Rhenus post innumera terrarum spatia perlustrata, immoritur auxiliaribus aquis.

[En attendant, puisse Patin jouir d’une durable gloire, lui dont les propres travaux ont submergé ceux d’Orsini, de la même manière que le Rhin, {a} après avoir parcouru d’innombrables territoires, achève sa course après avoir été nourri par les eaux de ses affluents]. {b}


  1. Rhenus bicornis est un autre nom de Rhenus Pater, personnification divine du Rhin (v. note [5], lettre de Reiner von Neuhaus, datée du 13 juin 1652).

  2. Manière élégante de proclamer que Charles Patin n’avait pas plagié (comme on allait le lui reprocher) mais copieusement enrichi le livre d’Orsini.

Les 12 dédicaces, en prose ou en vers latins, sont signées Pierre Seguin, Jacques Mentel, Denis Dodart, François Ogier, Charles Du Périer, Pierre Petit, Reinerus Neuhusius, et Carolus Florus (Advoc. Paris.), et surtout Guy Patin et Charles Spon :

Guido Patin, Doctor Medicus Parisiensis et Professor Regius.
Et meum esse puto, Carole Fili, tua hæc studiorum laborumque oblectamenta fausta precatione prosequi. Felices quorum gaudia crimine vacant : quanto feliciores, quorum voluptas fructum habet, atque in laboris vicissitudine positum otium est.
Vale
.

Guy Patin, docteur en médecine de Paris et professeur royal.
Carolus mon fils, comme je crois être mon devoir, j’ai accompagné de mon heureuse prière ces distractions de tes études et de tes travaux. Heureux ceux dont les plaisirs sont libres de crime ; combien plus heureux encore sont ceux dont le plaisir produit un fruit, et dont le loisir vient en récompense du labeur.
Salut].

Ad Carolum Patinum, D.M.P., illustrem Æsculapii Musarumque Politiorum alumnum.
Patine, gentis lucidum sidus tuæ,
Semonis heres digne litterarii,
Cui Doctiorum cunctus assurgit chorus,
Applaudo chartis publicare quas paras :
Lectoribusque tam coævis gratulor,
Quam postfuturis, tale visuris Opus :
In quo obsoleta magna tot Quiritium
Felice graphio lucem in almam nomina
Phœnicis instar vindicantur a rogis,
Vita fruantur, ut perenni in posterum,
Sic æmularis optime Æsculapium
Quem Fama tradit suscitasse mortuos :
Tibi ergo, ut illi, fata post novissima,
Sublimia inter astra debetur locus.
Carolus Sponius, Doct. Med. Lugdun
.

[À Charles Patin, docteur en médecine de Paris, illustre disciple d’Esculape {a} et des Muses les plus polies.
Patin, brillante étoile de ta race, digne héritier de Sémon le littéraire, {b} en l’honneur de qui le chœur entier des plus savants se lève, j’applaudis aux pages que tu t’apprêtes à publier et je me réjouis des lecteurs qui, tant aujourd’hui que dans le lointain futur, viendront admirer un tel ouvrage. Un heureux poinçon y ramène à la vie, dans la lumière nourricière, les grands noms usés de tant de Romains, comme pour les venger des bûchers de Phénix, {c} afin que, désormais et à jamais, tu sois comme l’émule de l’éminent Esculape qui pouvait, dit-on, ressusciter les morts. Après les tout derniers oracles, ta place, comme la sienne, devra se tenir parmi les plus hautes étoiles.
Charles Spon, docteur en médecine de Lyon].


  1. V. note [4], lettre 551.

  2. Sémon : dieu de la bonne foi chez les Sabins, autrement nommé Fidius ou Sancus.

  3. Phénix : oiseau fabuleux des Égyptiens qui renaît éternellement de ses cendres.

Viennent enfin les préfaces de Fulvio Orsini puis de Charles Patin, suivies d’amples remerciements de Charles à ceux qui l’ont aidé directement, ou par leurs livres et leurs encouragements (dont Louis Savot, etc. ; v. note [5], lettre latine 199, pour les vers de Reiner von Neuhaus).

Le livre lui-même est la réunion de deux ouvrages :

  • Familiæ Rom. ex Antiq. Num. [Les familles romaines d’après les médailles antiques] de Fulvio Orsini (pages 1‑315), illustré de très nombreuses gravures reproduisant des médailles ;

  • Ex libro de familiis Romanorum Antonii Augustini, Ep. Ilerdensis [D’après le livre d’Antonius Augustinus, évêque de Lérida (v. note [3], lettre d’Hermann Conring, datée du 24 septembre 1663), sur les familles des Romains] (pages 313 [sic pour 316]‑424), sans illustrations.

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x Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. – À Charles Spon, le 17 novembre 1662. Note 11

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(Consulté le 18.01.2020)

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